Toujours difficile de bien juger un livre (ou un disque) qui n’existe qu’en édition très limitée : ici, 100 exemplaires photocopiés, numérotés, signés. La rareté même de l’objet lui donne un premier attrait qui le rend presque irrésistible. Une qualité qui filtre le jugement, sape le goût : pourquoi faudrait-il acheter ce livre plutôt qu’un autre, plus facilement trouvable, de Shrigley ? Parfois, la rareté et la marque font office de prescriptions obligatoires : comme le faisait remarquer un ami la semaine dernière : “tu ne regarderais même pas cette chemise si elle n’avait pas une étiquette Maison Martin Margiela”.

Pour ce livre, je ne sais quoi penser, sinon que j’aime bien Shrigley, que je l’aime de mieux en mieux, en fait, et que cette reliure faite à la main et composée de dessins que d’autres prendraient pour de sombres gribouillis, lui va bien.