Nine me parle de ce livre depuis quelques mois déjà, quelques années peut-être et l’autre matin, j’ai souri en la voyant sur l’antenne de la Matinale de Canal +. Heureux pour elle et son éditeur.

Je lis son livre, en y trouvant des indices sur sa vie, puisqu’il s’agit d’une autobiographie (comme tous ce qu’édite Ego Comme X). Mais, en le lisant, ce qui me passionne surtout, ce sont les interstices qu’elle laisse comme vides, les absences et les manques, qui creusent son récit et en font autre chose qu’une narration égotiste où elle ne raconterait que sa vie, agrémentée de références d’époque (NTM, Téléchat, etc.).

Il y a bien sûr là-dedans un sentiment d’appartenance à une génération et un autre, aussi, de partage des mêmes expériences – et cela même si j’ai 10 ans (au moins) de plus qu’elle : je comprends ce qu’elle vit parce que je l’ai sans doute vécu aussi. Il y a aussi, surtout, l’idée furtive que l’on n’est jamais complètement soi, que l’on est toujours en recherche d’un lendemain idéal et d’une meilleure compagnie que celle de l’instant présent. C’est l’ailleurs qui compte et cela se reflète bien dans ses compositions, son rythme, sa mise en scène : on a hâte de tourner les pages, de deviner ce qui arrive, d’être déjà au bout du récit pour en imaginer la suite. Ce sont ses non-dits, ses jeux de devinettes, et tout ce que ce livre permet d’imaginer de sa vie, qui donnent à son Paradis tout son goût.