Je ne sais quoi écrire sur ce disque tant il est d’une simplicité désarmante. Demons est un duo américain, issu du groupe noise Wolf Eyes. Mais ici, tout est fait à partir de synthétiseurs analogiques, comme au vieux temps du krautrock, lorsque Tangerine Dream remplissait des cathédrales avec sa musique planante. Demons, eux, ne remplissent sans doute que des rades perdus, où se trainent des garçons et des filles qui aiment bien entendre une musique un peu différente de celles qu’on leur impose un peu tout le temps, partout. Des garçons et des filles que j’imagine buvant des bières tiédies en somnolant devant les machines qui ronronnent fiévreusement. Peut-être est-ce là une description juste de Demons et de ce disque ? Un ronronnement fiévreux, inquiet et pulsé, envahissant plutôt que dérangeant. Invisible Darkness fait un peu peur, mais pas trop, n’est jamas vraiment noise, mais plutôt très délétère. Son premier morceau sonne presque comme un pastiche de Basic Channel composé par des enfants qui auraient oublié d’activer les effets et les filtres. Ce disqueme fait penser aussi à une vision du futur issue des années 70, entre un film de Jean Rollin (La Nuit des Traquées avec Brigitte Lahaie) et des dessins de Moebius et Druillet. Tout ce que j’aime ?

Merci à HH.