Quatrième volume de la réédition de cette fabuleuse série italienne, qui met en scène un Frankenstein moderne et crétin, doté d’un sexe démesuré et d’envies bestiales, créé sur mesure par une maîtresse nécrophile, qui ne prend son pied qu’avec des cadavres. Décrit ainsi, c’est presque glauque. Mais à lire, c’est incroyablement déjanté, fou, vaguement crétin. Et le trait de l’auteur, Magnus, est impeccable, empli d’une clarté incisive. Surtout, toute cette série tourne autour de l’idée de transformation des corps, de sexualité déviante et de physiques métamorphosés : on ne reste pas longtemps vivant, on ne garde jamais sa forme originelle et seuls les corps de Nécron et sa maîtresse demeurent inchangés, traversant les histoires sans dommages corporels. En quelque sorte, il y a dans cette métamorphose perpétuelle comme des échos annonciateurs des oeuvres de Charles Burns, elles aussi obsédées par les modifications, les métamorphoses, les monstruosités en devenir.

Sur le site de l’éditeur, Cornéius, j’ai trouvé cette photo des volumes italiens originaux :

www.cornelius.fr