J’écoute les disques de Four Tet (et de son groupe Fridge) depuis quelques années maintenant. Depuis ses béduts, en fait, sur le label Output. Et j’aime à peu près chaque disque, chaque album. Je suis aussi fan de sa collaboration avec le batteur Steve Reid (j’avais aidé, avec mon ami antoine Rajon, à organiser leur première rencontre, à la Fondation Cartier à Paris). Ce nouveau disque est une merveille, qui éclipse ses disques les plus récents, parfois trop complexes. Ringer ne comporte que 4 morceaux, mais dure plus de 30 minutes. Le premier, en particulier, est une pièce centrale qui semble condenser toutes les obsessions historiques de Four Tet : on y trouve entremêlées des sonorités krautrock, disco, minimales. En quelque sorte, son approche de la techno (puisqu’il s’agit bien de cela ici) est très ouverte, cherchant à inclure une variété d’influences, à moderniser une pléthore de sons vintage. Par exemple, les grandes tourneries hypnotiques d’Ash Ra ou Tangerine Dream retrouvent une belle jeunesse, de nouvelles couleurs. Bien sûr, d’autres que Four Tet pratiquent la même façon de faire, le même « melting pot » – récemment, je songe à Studio, à Quiet Village ou encore à quelques disques de Carl Craig. Mais, ce qui est assez notable ici, c’est que ces morceaux sont organiques, alléchants, vivants : un bon disque, simplement.