
Difficile de trouver mieux que cet album, écrit par des revenants dont on n’attendait rien et qui sortent d’un coup un album comme on n’en entend plus. C’est à dire qui parle de l’histoire de la musique, s’inscrit en elle, mais aussi la fait avancer de quelques mètres - c’est à dire encore d’une éternité, à coups de chansons insidieusement turbulentes, bousculant tête, nerfs, ventre, foi(e). Des disques comme celui-là donnent juste envie de se débarrasser de la moitié de sa discothèque, rendue d’un coup obsolète. Ici, bien sûr, on entend des remous venus d’ailleurs, des échos de Silver Apples (Me Carry On), des geignements de Nick Drake, des atmosphères sombres, héritées d’un vieil apocalypse ou à peu près. Disque sombre, disque de misère, 3 n’est pas là pour se faire entendre, ni se faire écouter. Il est juste présent au moment précis où l’on a besoin de lui : le moment de tout abandonner, mais comme pour mieux revivre.

3 comments
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30 avril, 2008 à 9:26
Francky 01
Putain, dix ans qu’on l’attendait ce nouvel opus de Portishead ! Dix ans à attendre la suite des aventures soniques de ce combos de Bristol. Et enfin “Third” est là, tronant fièrement dans les bacs !
Je me souviendais toujours la première écoute de ce groupe. D’abord la voix, belle à pleurer. Une voix d’ange déchu, perdue au milieu des Hommes ! Elle m’a immédiatement façiné, ensorcellé même. Depuis, seule peut-être CocoRosie a provoqué en moi le même choc vocale ! Et cette musique ! Ces beats lents, lourds et puissants. Ces ambiances jazzy, ces sons hypnotiques. Et ce groove emplie de spleen, de mélancolie. Comment ne pas succomber, ne pas tomber amoureux face à tant de beauté (malade) ? Je ne m’en suis toujours pas remis ! A + Francky 01
30 avril, 2008 à 11:44
Fabrice
Très beau texte Joseph sur ce disque essentiel qui, effectivement, a le mérite — ou le défaut, c’est selon — de nous renseigner sur ce qui se joue aujourd’hui… et de rendre subitement bien fades bon nombres d’albums du moment.
FF
30 avril, 2008 à 11:44
Fabrice
Très beau texte Joseph sur ce disque essentiel qui, effectivement, a le mérite — ou le défaut, c’est selon — de nous renseigner sur ce qui se joue aujourd’hui… et de rendre subitement bien fades bon nombres d’albums du moment.
FF