Cinq disques dont je ne suis pas certain qu’ils aillent bien avec le soleil de mai. Ou la pluie. Le premier, la BO de Pat Garrett & Billy the Kid par Bob Dylan, bien sûr, est un classique, mais je ne l’avais jamais eu. Je me souviens pourtant de l’effet assez psychotrope ressenti en regardant le film. Il y a là quelque chose d’étonnant, comme un mélange entre un disque de country et un album de Steve Reich. Des parties instrumentales assez crépusculaires, répétitives, donnent l’impression d’un album dépressif et mélancolique, mais qui se dévoile vite comme un étonnant euphorisant, tout en retenue. Lorsque la voix de Dylan surgit, rare, tout se précipite comme en une petite implosion des sentiments.

L’album de Nadja, Touched, est une réédition en vinyle d’un Cd sorti l’an dernier. Cette nouvelle édition est fabuleusement belle, ornée de photos nouvelles, prises par Seldon Hunt qui a pour habitude de capturer une nature d’apparence tranquille, mais toujours insidieusement inquiétante. Le pressage est parfait, dévoile la musique pour ce qu’elle est : lente, lourde, prenante, mais aussi fascinante de densité.

Rien à redire sur la compilation de Model 500, sinon qu’elle vient d’être rééditée et qu’elle est assez impeccable dans son genre.

L’album de Tsé, La Ralentie, est arrivé hier. Tsé est un ami, qui vit à Berlin. Et hier en visitant l’expo Nieves, j’ai vu Isabelle Boinot qui m’en a parlé. Coïnicidence ? En tout cas, après une écoute rapide, l’album a l’air beau, s’envolant vers des territoires différents du dub électronique des sorties précédentes. Tsé y chante comme s’il était en train de faire son dernier disque et c’est ainsi que tous les disques devraient être faits. Et la pochette est somptueuse, impeccable.

Enfin, un disque qui va faire parler de lui dans le petit cercle des adeptes de noise et de bruit : l’album de Dan Friel, Ghost Town, est une déflagration assez insensée, qui évoque une sorte de My Bloody Valentine métallique, une collision entre Kid 606 et Merzbow, mais encadré dans un appareillage presque pop. Ici, sept morceaux forment cet album court, incisif, dont on se demande avec quels instruments sucrés il a été composé. Comme le bruit du sucre qui crie doucement en fondant. ça s’écoute par là : http://www.importantrecords.com/releases/imprec187_release_page.htm