

Je ne me souviens plus du nom du groupe. Pourtant, on me l’a répété deux ou trois fois, mais ma mémoire flanche en ce moment. C’était Jukebox Club, je crois. J’ai bien aimé leur concert, même s’il n’avait rien de réellement fabuleux et qu’il mettait en scène à peu près tous les trucs et clichés du groupe de rock. Vu de loin, il y avait quelque chose de presque gênant dans cette addition de petites touches parfaites et regarder les photos ci-dessus donne presque instantanément une idée de la musique qui y était jouée. Le guitariste était parfait dans sa gestuelle, alternant à une vitesse fulgurante toutes les bonnes poses et les bons riffs, la bassiste était tout aussi impeccable dans son rôle, impassible et tout occupée à mater son bel et gros instrument, etc. Quant à la chanteuse, elle dégageait quelque chose d’irrémédiablement attirant, puisqu’elle jouait sur l’ADN sexuel du rock et reprenait à American Apparel tous les clichés (short court, poses sexy, cheveux flottants) volés au rock’n'roll (et à Blondie et au punk). Bref, dans sa présence sur scène, il y avait beaucoup de maladresses, mais pas mal de charme aussi, qui révélait bien ce côté un peu voyeur qui flotte souvent parmi un public de rock. Mais, le plus touchant, c’était le moment où je suis allé voir de plus près ce qui se passait sur scène et le glamour vu de loin laissait place à des signes bien moins scintillants, plus normaux. Ce groupe-ci aurait tout aussi bien pu être celui de mes voisins de palier, qui n’ont pas vraiment les moyens de se payer les bonnes guitares ou les fringues branchées. Un groupe fauché, donc, et qui, par son paupérisme apparent dans les détails renoue avec l’essence punk rock, au-delà de l’addition des clichés. Après tout, Kurt Cobain aussi était pauvre quand il a commencé et les trous dans ses jeans et ses Converse n’avaient rien de prémédité.

4 commentaires
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2 juin, 2008 à 12:10
Raspy Shit
ahahah j’ai vu les mêmes à La Scala, à la soirée des 5 ans de SoFoot il y a quelques semaines, ils y ont joué juste avant un groupe de nains grimés spécialisé dans les reprises de Kiss en playback.
Je ne me souviens plus vraiment de la musique de JukeBox Club (une vague reprise de « Pump Up The Jam », c’est bien eux?) mais l’enfilage de clichés, l’accumulation de signes pseudo hypes et surtout le degré d’insipidité profonde de l’ensemble m’avaient laissé là comme interloqué, captivé par le vide intersidéral du truc, affligé, mais aussi, comme toi cher joseph, touché, ému presque, par tant de maladresses dans leur façon de courir derrière le dernier wagon de je ne sais quelle tendance fluo-post-punk-funk.
Mais bon, trêve de sensiblerie, ce groupe est surtout complètement lamentable.
2 juin, 2008 à 5:50
Clément Thorpse
Si « Internet » rime avec « partage » « blogs » et « moi je pense que » il est vital d’apprendre à tourner sept fois son poignet avant de clicker sur ‘publier’.
Ma question est la suivante :
Pourquoi t’improviser ‘critique rock’ tandis que ton absence manifeste de faculté de compréhension t’a empêché de percevoir le côté « second degré » propre à l’univers du groupe, pourtant flagrant et à la racine du succès qu’il rencontre?
La réflexion intervient avant, je dis bien AVANT, l’écriture dans le processus rédactionnel. Il semblerait que tu l’ai complètement zappé.
Nous te conseillerons « Le sens critique pour les nuls », aux éditions First.
Amicalement
2 juin, 2008 à 8:08
Kawabunga
D’un côté si de près tu ne t’aperçois pas que le guitariste joue sur une Gibson …
2 juin, 2008 à 10:10
Raspy Shit
Si je me souviens bien, j’avais poussé la curiosité jusqu’à aller les regarder de près et la gratte était bien une imitation Gibson, tout à fait appropriée au groupe qui est une vague imitation de plein de trucs.
Et @ Clément Thorpse, je ne sais pas si c’est à moi que tu t’adresses mais je te réponds quand même : si j’ai pris le temps de réagir au billet de Joseph, c’est que, d’une certaine manière, ce concert m’a marqué: j’étais là, je n’en revenais pas trop et je me suis vraiment demandé « mais mais mais… c’est quoi ce machin? ». Après, l’alibi « second degré » (baillements) mouaif… c’est un peu lège mais l’argument est recevable. N’empêche que j’ai trouvé ça tout pourri.
Merci pour ton conseil de lecture.
Non moins amicalement.