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Ces photos envoyées par Laurent Bergès me donnent très envie d’aller les voir à Paris alors même que je redoutais ce concert, histoire de ne pas être déçu, vingt ans plus tard par le groupe qui a changé ma vie, vraiment.

J’ai acheté ce disque parce que j’en avais entendu parler et surtout parce que j’en ai entendu un court extrait dans le magasin où je l’ai trouvé. J’ai immédiatement pensé à la première fois que j’ai entendu Six Organs of Admittance : le même ton légèrement lugubre, la même mélancolie, le même vent, qui souffle quelque part derrière. Mais ici, il y a moins de dextérité, presque pas de voix, moins de pathos, et peut-être un peu plus de tristesse qui s’échappe des minces espaces de silence qui subsistent entre les résonances des cordes. Ben Nash est anglais et il faut écouter son disque d’une sensibilité qui pousse à l’abandon de soi.

www.myspace.com/bennash1

http://www.aurora-b.com/BEN_NASH.php

Un gros livre serti de deux CD, eux-mêmes emplis de morceaux inouïes. Victrola Favorites est un objet rare, qui déborde de l’affection que lui ont porté ceux qui l’ont conçu : les musiciens du groupe de Seattle Climax Golden Twins, méconnu mais tout à fait appréciable, notamment sur ses albums les plus calmes, qui jouent dans la sphère hybride entre Sonic Youth, Sun City Girls, Animal Collective, mais en bien plus calme, paisible, lent, indolent, paresseux. Victrola Favorites compile des morceaux collectionnés sur des 78 tours, qui n’ont rien de contemporain. Tout ici date des années 20, 30, 40, bien avant l’invention de la pop. Et tout, aussi, provient d’une multiplicité de zones géographiques : un morceau de blues avoisine une comptine thaïlandaise, un enregistrement indien succède à une mélopée iranienne. Ce genre de projet est toujours, sur le papier, enthousiasmant. A l’écoute, c’est souvent plus difficile et l’on s’empresse vite de ranger tout cela. Mais, ici, rien n’y fait : les deux disques sont entêtants, compilés avec une singularité rare, qui donne envie de n’écouter que cela des heures durant, de se perdre dans ces drôles de mélodies ondulantes et emplies de craquements nettoyés, de se retrouver invisible traversant un étrange tunnel temporel, qui vide tout autour de soi. Le livre même est perturbant, sensoriellement : peu de textes explicatifs, mais des images plutôt, qui se croisent, glanées, repiquées sur les 78 tours originaux et formant une tapisserie de rêves et de souvenirs dont on n’avait pas idée. Sur le même label, Dust-to-Digital, il y a d’autres excellentes compilations dont l’anthologie Fonotone Records (emballé dans une boîte à cigares !), la récente Black Mirror, faite sur le même principe de collecte de morceaux quasi antédiluviens venus des quatre coins du monde (mais là, tous achetés à quelques kilomètres au plus de Baltimore, où habite le compilateur de ce disque). Sans oublier le fabuleux coffret tout en bois Goodbye, Babylon. Mais, c’est bien ce Victrola Favorites qui gagne haut la main le prix d’intemporalité, de lieu musical où se perdre à souhait.

Deux albums de Sonic Youth sont annoncés ces jours-ci. Le premier, pochette ci-dessus, est un enregistrement live, sorti dans la série SYR, plutôt expérimentale et dans laquelle était paru plus tôt cette année un vinyle fait de deux compositions plutôt drone. Ici, une seule composition de 60 minutes, improvisée et enregistrée dans un festival en compagnie de Mats Gustafsson, saxophoniste, et Merzbow. Sur son site, le groupe précise qu’il jouait avant Black Sabbath. Cet enregistrement, édité par le groupe, contrastera bien avec la compilation Hits Are For Squares, qui n’est disponible que dans les Starbucks (américains, a priori). La bonne idée du disque : les morceaux ont été choisis par les copains du groupe, mais pas n’importe lesquels. On retrouve par exemple des morceaux choisis par Beck ou Gus Van Sant. On a bien les amis qu’on peut.

Ce week-end, deux journaux auront été marquants. D’abord Libération avec sa couverture et ses pages interminables sur Carla Bruni-Sarkozy. Difficile de trouver ce numéro sorti samedi, alors même que tous les matins j’achète Libé sans jamais avoir à le chercher. Là, impossible de mettre la main dessus : sold-out partout. Finalement, trouvé ce matin et, au fond, plus intéressé par l’article de Philippe Azoury (toujours excellent et revigorant) sur Sonic Youth et l’hilarant (si, si) portrait de Pedro Winter - qui me fait penser qu’au vernissage de l’expo Dripsy jeudi soir dernier, je me disais que tous les garçons présents étaient des clones de Pedro (mêmes fringues, même casquettes, mêmes cheveux) jusqu’à apercevoir, au fond de la salle, Pedro Winter lui-même. Un peu comme Dark Vador, entouré de ses troupes de clones. Mais bon, je reviens sur ce numéro de Libé dont j’ignore quoi penser, sinon que je me souviens bien qu’à l’époque déjà le premier album de Carla Bruni n’avait pas vraiment fait l’unanimité aux Inrocks… Aujourd’hui, je me demande bien ce qu’en pensent mes anciens collègues ? Ou plutôt non, je m’en fous complètement : c’est Libé qui a gagné la course à Carla. Parce que c’est bien Libé qui a su la capturer et profiter de sa popularité pour se vendre. Ce qui, quoi qu’on en pense, pose bien la question la plus simple et la plus entêtante aujourd’hui en matière de presse : comment fait-on pour faire un journal ? Comment fait-on pour faire vivre un journal ? Comment fait-on pour faire vendre un journal ? Jusqu’où doit-on / peut-on aller ?

Au rebours de la peoplisation de la politique dont une nouvelle étape s’est jouée avec le Libé de Carla, qui marque une défaite supplémentaire de la critique journalistique au profit de l’actualité purement people (et je ne dis pas que cette dernière acception est plus négative ou péjorative que la première), il y a eu ces derniers jour sun étonnant numéro de Chronicart. Lisez-le et vous verrez : vous n’y trouverez aucun repère, aucune figure connue, aucune oeuvre déjà inventoriée. Pourtant tout est écrit comme si de rien n’était, comme si tout était comme chaque autre mois. Et cela alors même qu’il n’en est rien : ce numéro est entièrement faux, tous ses sujets sont inventés, comme une immense blague vainement drôle. Aucun indice people, aucune trace de figure connue ou pouvant rassembler un maximum de lecteurs. Tout ici est comme le négatif du Libé de Carla. Ce qui ne veut pas dire, pour autant, que c’est revigorant. C’est juste une trace supplémentaire de l’état de la critique culturelle et du journalisme culturel en France : de Carla Bruni-Sarkozy à l’invention totale, tout est pratiquement du même acabit, tout est au-delà de notre portée et tout est fait pour nous attirer, pour vendre du papier qui finira par emballer de vieux poissons. Tout, comme l’écrivait si vaillamment, Guy Debord, s’est éloigné en une représentation.

Difficile de faire plus lugubre et glauque que cette histoire d’un tueur dissimulé derrière l’identité d’un étudiant sage et dont la mission consiste à éliminer celui qui le loge. Ce qui est happant dans le récit, c’et la manière dont ce personnage central est peu à peu désinvesti de son rôle, de son identité même et asse d’un statut de tueur tout-puissant à celui de paumé total, qui se laisse avoir par toutes les filles qui couchent avec lui. La noirceur du trait, l’épaisseur de la matière dessinée, le rendu sec du récit sont d’impeccables hommages à Jim Thompson, l’auteur du roman original, et évoquent aussi l’atmosphère sombre de quelques grands livres publiés par les éditions Futuropolis dans les années 80, notamment ceux de Götting. Ce livre est paru chez Casterman, dans une collection commune avec Rivages Noir, qui adapte quelques classiques du roman noir.

Difficile de faire mieux que Can en termes de musique et de mythologie rock : ce groupe a, à peu près, tout digéré de ce qui l’a précédé musicalement et en a profité pour inventer (inventorier aussi, presque) un nombre étonnant de formes nouvelles, déclinées au long d’albums dont l’écoute demeure un miracle d’intemporalité. J’adore Can et chaque image de ce groupe, notamment avec Damo Suzuki au micro, est une expérience quasi religieuse.

Recueil (augmenté) de fanzines publiées il y a quelques années, Poésie est édité par l’excellente maison La Cinquième Couche. Ici, pas de narration, mais un travail sur la représentation du réel. Ou plutôt les prémices, chronologiques, du travail récent de Frédéric Poincelet qui s’attache à ancrer son dessin dans une réalité de plus en plus concrète, mais aussi très étrangement détachée du réel, puisque ses dessins ne reproduisent souvent que des bribes de contexte ou de lieu - des indices épars plutôt qu’une accumulation de détails. Je n’irai pas plus loin, puisqu’en ayant appris à le connaître, je ne saurais en dire plus. Il suffit de regarder les dessins de Poésie, qui forment à eux seuls, de manière presque inconsciente, une sorte de méta narration, construite par accumulation d’images finissant par former une impression d’histoire flottante.

Les chansons de Stanley Brinks, en écoute sur son myspace par exemple, me touchent étrangement, me font hérisser les poils. J’en ai profité pour poser quelques questions par mail à leur auteur, André Herman Dune rebaptisé Stanley Brinks comme pour se refaire une virginité musicale.

Tes chansons semblent souvent autobiographiques - ou évoquent souvent ta famille (frère, mère, etc.) : est-ce une nécessité de mettre ton environnement familier dans tes chansons ? Je pense que mes chansons ne sont pas plus autobiographiques que d’autres. Plutôt moins en fait, c’est peut-être pour ça que de temps en temps je suis explicite (et que ceux qui connaissent mes albums le remarquent). C’est comme en Hip Hop quand on crie son propre nom et celui de ses copains, c’est juste une forme amusante donnée & un texte qui de toute façon dévoile.

Quand elles semblent raconter ta vie (comme sur dreamboat), tes chansons te montrent à travers un regard doux-amer. La nostalgie est-elle une source d’inspiration primordiale J’aime bien le doux dans le doux-amer, c’est ce que je préfère. ça aide à faire passer l’excès de gingembre. Les pleurs et les rires sont presque la même chose, en musique comme en dialogue. Le geste même de l’écriture est essentiellement nostalgique, c’est probablement vrai pour tout le monde.

Comment ta manière de composer a-t-elle évolué depuis tes débuts ? Ton changement d’identité (évoqué dans le morceau Stanley Brinks) a-t-il affecté ta manière de faire tes chansons ? J’ai changé de nom peu après avoir acheté un gramophone, l’influence principale (bien que pas évidente formellement) de Stanley Brinks est de la musique à texte des années 30, qu’André Herman Düne n’avait jamais entendue.

Tes arrangements se font de plus en plus sophistiqués : y a-t-il des arrangeurs ou des compositeurs classiques (ou issus du jazz) que tu admires et qui t’inspirent ? Gerry Mulligan, Steve Lacy. Beaucoup.

Quelles relations ou correspondances perçois-tu entre ta manière d’écrire et l’autobiographie comme genre littéraire ou de bande dessinée ? Je suis beaucoup plus dans le vague, je crois. Les détails ne peuvent pas être nombreux dans le temps d’une chanson, ils servent plutôt comme une ponctuation au sein d’un poème. Ils prennent en même temps une importance qu’ils ne peuvent pas avoir dans des formes plus développées de journal. Les chansons perdent beaucoup à être illustrées ou expliquées. Mais il y a des exceptions.

Mes chansons préférées de Nick Drake :

Time has told me

Things behind the Sun

Riverman

Northern Sky

One of these things first

(Pink Moon est peut-être mon album préféré de tous les temps

- avec Five Leaves Left ?)

Parce que je me demande à quoi ressemble l’exposition. Et si on y voit la collection de cassettes noise de Thurston Moore ? Ou des originaux de Raymond Pettibon, Richard Prince ? Ou si quelqu’un a pensé à y afficher l’adaptation en deux pages minimales du morceau Schizophrenia / Sister par Frédéric Poincelet ?

Elle fait partie d’une série prise par Inez Van Lamsweerde et Vinoodh Matadin, deux photographes qui travaillent beaucoup pour Vogue et avaient notamment collaboré avec les graphistes M/M sur des photos de Bjork, au moment de Vespertine. Mais, même s’ils n’avaient rien fait de tout cela, j’aimerais bien quand même ces photos. A moins que ce soit juste Gisele que j’aime bien ? Est-ce que Morrissey l’aurait jamais mise sur une de ses pochettes des Smiths ? Est-ce qu’elle ne serait pas idéale, aussi, pour une compilation harsh noise ? On s’en fout ?

Cyd Charisse vient de partir. Je suggère de voir ou revoir ce grand film noir de Nicholas Ray auquel je pense assez souvent. Robert Taylor y est renversant de classe et d’intelligence, Cyd Charisse assez sublime, d’élégance et de finesse.

J’adore tellement l’album de Young Marble Giants que je n’ai jamais vraiment cherché à écouter les autres disques des groupes qui ont suivi et qui tournaient autour des mêmes musiciens. A chaquefois que je l’ai fait, j’ai été déçu, ou en tout cas jamais aussi charmé - à part peut-être pour le premier album de Statton & Devine qui inclut une merveilleuse reprise acoustique du Bizarre Love Triangle de New Order. Mais il y a quelques jours, j’ai trouvé La Variété de Weekend et je me suis souvenu avoir bien aimé le maxi The View From Her Room du même groupe (passé par Michel il y a plusieurs mois de cela, alors que j’avais repéré le disque sur une liste de Gilles Peterson). Dans Weekend, il y a Alison Statton, chanteuse de YMG, Simon Booth, Spike et d’autres musiciens invités. Ici, on est plutôt du côté du Brésil que dans l’Angleterre industrielle de YMG. Ou plutôt, on est dans une version assez élégiaque de la musique brésilienne, qui n’arrive jamais à être tout à fait aussi joyeuse et céleste : passé à la moulinette des anglais, cette musique n’est plus tout à fait de la bossa, ni de la pop, ni du jazz, ni de la new wave. En fait, ne serait-ce qu’à cause de sa pochette dessinée et de son titre en français, La Variété m’évoque une bande son que pourraient écouter les personnages des bandes dessinées de Serge Clerc, en bout de course, en fin de nuit. Il y a de sombres et jolies correspondances entre la musique de cette époque et les BD du même moment, qui disent des choses du monde d’alors, des années 80, et surtout donnent encore beaucoup à rêver, vingt ou vingt-cinq ans plus tard.

C’était il y a 6 ans, dans un hôtel du côté d’Old Street, assez anonyme et sans charme, pas loin du magasin de disques défunt Smallfish. Le label Mute était sur le point de sortir le coffret TG 24 en CD (en fait une réédition luxueuse d’un coffret de cassettes sorti par le groupe dans les années 80, durant la première phase de son existence). Mute m’avait gentiment convié, ainsi qu’une poignée d’autres journalistes européens, à interviewer les quatre musiciens de Throbbing Gristle qui se revoyaient ensemble dans la même pièce pour la première fois depuis à peu près vingt ans. L’idée de les rencontrer me rendait tout à fait nerveux, mais presque pas plus que pour n’importe quel autre artiste. Avant d’aller à l’interview, à dix minutes de notre lieu de rendez-vous, je me suis rendu dans une galerie qui exposait quelques artefacts originaux de Throbbing Gristle, histoire de communier un peu avec l’ambiance de leur époque. Une époque en fait inconnue pour moi : j’étais trop jeune, trop loin et TG était un mythe, perçu plutôt de loin, mais dont quelques indices m’avaient profondément affecté. Par exemple : la face B de leur premier album (sans parler de sa pochette, minimale), le disque 20 Jazz Funk Greats, le vrai faux greatest hits américain, la dialectique tendue entre les faces A et B de leurs différents singles, le fait qu’ils connaissaient William Burroughs, etc. Plus tard, en lisant Wreckers of Civilisation, je découvrais toute l’étendue de leur art, de leur toile. Mais ce jour-là, je me retrouvais enfermé avec eux quatre dans une salle de conférence d’un hôtel comme aveugle et nous aurions tout aussi bien pu être des gens ordinaires en réunion de travail. A ceci près que nous discutions de leur reformation, et de leur histoire aussi. Je me souviens de leur gentillesse, de l’incroyable regard de Cosey, de la voix et de la bouche de Genesis, de la stature tranquille de Sleazy et Chris. Je les entends encore parler d’exotica, d’ambient, de machines électroniques, de vrai-fausse stratégie de guerre, de choses à venir ou non. Après cela, Genesis me prendrait à part pour m’évoquer autre chose encore, plus directement lié à son propre travail. Et je n’ai toujours pas eu l’occasion de les interviewer à nouveau.

Pour illustrer ma playlist récente sur les morceaux de fin d’album, j’ai fait un mix à écouter là :

http://fairtilizer.com/track/9408

Evidemment, il n’y a presque aucun morceau dans ce mix qui soit issu de ma playlist d’il y a quelques jours. Ne me demandez pas pourquoi.

En démarrant mon blog sur le site des inrocks il y a de cela presque un an, j’avais fait un post sur mes morceaux préférés de fin d’albums. Je remets ici cette liste (en rajoutant quelques commentaires), parce qu’elle continue à me parler et que c’est une bonne manière de parler de certains de mes disques favoris.

Panda Bear - Pony Tails (termine Person Pitch)

Mon album préféré de 2007, qui continue à étrangement résonner, m’évoque en creux Lisbonne où habite Panda Bear. Pony Tails est une vignette délicate, comme une capsule de soleil couchant.

Kris Kristofferson - Why Me (termine Jesus was a Capricorn)

Découvert ce morceau par une reprise de Johnny Cash. Puis, entendu l’original, qui est tout aussi beau, tout aussi intimement fracassé et déconfit.

Map Of Africa - Here come the heads (termine Map of Africa)

Sur cet album, j’adore les morceaux lents, très chaloupés, et celui-ci est un peu pareil à un état de somnolence artificielle, une vieille fatigue alcoolisée.

Mojave 3 - To whom should I write (termine Out of Tune)

Terminer un album sur un morceau comme celui-là, c’est un peu avouer que tout ce qui s’est passé avant était comme inutile parce qu’en quelques minutes tristes, le chanteur Neil Halstead avoue sa détresse face à la solitude.

Nick Drake - Saturday Sun (termine Five Leaves Left)

Pas un morceau inutile sur cet album et son dernier vaut le monde entier.

Palace Songs - The Weaker Soldier (termine Arise Therefore)

Un album en formation réduite, avec une boite à rythmes, sur lequel Will Oldham écrit de manière quasi littéraire - ce qu’il ne fera presque plus jamais par la suite, ou en tout cas avec moins de saveur. Ici, il y a un aveu presque autobiographique (ou plutôt autofictionnel) de l’invalidité de soi (je crois).

Papa M - London homesick Blues (termine Papa M sings)

sur ce mini album, David Pajo reprend des morceaux d’autres et termine par celui-ci, dont j’ignore l’original (à moins que ce soit Pajo qui l’ait écrit ?) et qui, très régulièrement, vient se mettre en boucle dans ma tête.

Neil Young - through my sails (termine Zuma)

Ce morceau devrait figurer en tête de liste, en tête de toutes les listes : il est aérien et volatile, mas incroyable d’évocations quasi célestes.

Joy Division - Decades (termine Closer)

Les deux albums de Joy Division sont d’une grâce éternelle et je vois ce morceau comme la conclusion des deux disques, une manière inavouable de s’envoler tout en restant proche de la terre.

Boards of Canada - Farewell Fire (termine The Campfire headcase)

Parce qu’il semble interminable, comme une boucle dont on ne peut s’échapper sinon en s’endormant progressivement.

Bonnie Prince billy - raining in darling (termine I see a darkness)

Un autre morceau qui s’incruste souvent dans ma tête, en boucle. Court, élégiaque, il résume parfaitement l’album dont in est tiré et duquel s’échappent des sentiments de bonheur triste, de lumière noircie, en pleine campagne tranquille, isolée.

Grizzly Bear - colorado (termine Yellow House)

J’ai une affection particulière pour ce morceau, mais j’ignore pourquoi. J’aime son envol, sa magnitude, son esprit américain qui communie avec quelques grands disques esseulés des années70.

Judee Sill - the donor (termine Heart Food)

Et en parlant de grand disque des années 70, celui-ci en est l’un des plus beaux. Son morceau de fermeture est un long mantra halluciné, pour se perdre sans trouver de rédemption.

Kevin Drumm - cloudy (termine Sheer Hellish Miasma)

Un des musiciens noise les plus intéressants de ces dernières années. Mais ce morceau qui clôt la version originale de l’album (réédité différemment depuis) est d’un calme splendide, planant et presque voluptueux.

Scott Walker - a lover loves (termine The Drift)

Tandis que tout le reste de ce grand disque mêlait abstraction et sons abrasifs, ce morceau est d’une simplicité mordante, comme joué à un enfant, ou un animal. Une rengaine d’éternité suspendue.

Slowdive - Dagger (termine Souvlaki)

J’ai écouté ce morceau des mois durant pour m’endormir, et je ne faisais pas que de beaux rêves de bonheur ensuite, malgré la beauté délicate de sa mélodie.

Sonic Youth - Or (termine Rather Ripped)

Rather Ripped est un grand disque de Sonic Youth, sur lequel le groupe se renouvelle thématiquement et soniquement, sans jamais chercher à piocher dans son passé (ne pas croire ceux qui disent que ce disque évoque Goo ou Dirty, beaucoup plus grunge et datés). Or est une expérimentation lente, de paroles collées entre elles, comme au temps des beatniks. Thurston Moore y évoque des impressions antinomiques que son chant rassemble. Une vignette rare.

Jim O’Rourke - and a 1,2,3,4 (termine I’m happy, and I’m singing and a 1,2,3,4)

Difficile de dire que ce morceau termine cet album, puisqu’en longueur il doit bien en constituer la moitié. Mais une moitié qui n’arrête pas de s’enfoncer dans une matière poreuse, une matière qui confisque le bruit pour en faire une boucle d’apaisement, de tranquillité fragile. Le contraire du new age, de l’ambient, de l’illustration.

Sun Ra - the conversion of J.P. (termine Space Probe)

J’adore Sun Ra mais aucun autre de ses morceaux ne m’a jamais autant bouleversé. Une rythmique africaine, qui voque aussi Steve Reich, hypnotise durant de longues minutes celui qui s’y perd avant le surgissement d’un piano qui arrive à point pour tout élever.

Dans un précédent post, je parlais de Beyond the wizards sleeve, duo qui a sorti quelques bootlegs psychédéliques assez remarquables. Je ne suis pas certain que le duo soit encore actif, après avoir sorti au moins quatre disques et plusieurs remixes. En tout cas, l’un de ses membres serait derrière The Time & Space Machine dont le premier disque, Volume One, est sorti récemment, d’après le même principe de réécriture de morceaux psychédéliques. On y entend là encore des bouts de morceaux qui surnagent dans une sorte d’inconscient collectif (celui du collectionneur de disques, un peu traumatisé) et on ne ressort pas entièrement sain de l’écoute prolongée du disque. On peut en écouter des bouts par là  : http://www.myspace.com/thetimeandspacemachine

Sans doute, après le revival disco qui commence à fatiguer un peu (on en parle tout de même depuis plus d’un an), le revival psyché est-il encore plus intéressant. Ou en tout cas, tout aussi drogué - mais différemment : après la coke de la disco, le retour du rock psyché se fait au LSD pas coupé.

J’ai pris cette photo à Londres, en face du magasin de disques Sound of the Universe. J’aime bien Kate Moss, j’aime bien l’idée qu’elle ne donne jamais d’interview, mais qu’on peut la voir à peu près partout et souvent au coin de la rue, comme ici. J’aime bien aussi cette photo, qui aurait pu servir de pochette à une cassette noise.

Il y a quelques jours, j’ai acheté ce disque, qui est le troisième d’une série attribuée à un duo au nom improbable, Beyond the wizards sleeve. De quoi s’agit-il ? Des maxis (mais qui comportent six titres) relevant plutôt du bootleg : on y entend des morceaux pas vraiment crédités qui sont des versions rééditées, rallongées ou mixées avec d’autres musiques, de classiques (plus ou moins obscurs) psychédéliques ou krautrock. Le son est parfois caverneux, mais, sur ce Spring, la musique est juste fabuleusement transcendante, qui porte les oreilles vers un ailleurs sublimé, des horizons psychotropes et bien hallucinés. L’ensemble évoque bien ce que fait Pilooski en France, mais avec un petit air encore plus extasié, moins dancefloor, plus déconfit : on y entend par exemple une version de Neu sur le point de s’effondrer, de tomber en un millier de morceaux doucement fracassés.

Difficile de trouver des disques mieux habillés, qui donneraient plus envie d’être écoutés que ceux de ce label dont je ne sais pas grand chose, à part qu’il est en passe de détrôner toutes les autres maisons spécialisées en réédition (à part Honest Jon, qui fait de plus en plus, un vrai travail de fond, notamment avec sa compilation Life Is Hard). Chez Mississipi, il y a de tout et pour le moment j’ai trouvé cinq disques, tous mirifiques (et je n’emploie pas ce mot facilement, promis). D’abord, il y a le mythique second album de Phil Cohran, en hommage à Malcolm X. Cohran a joué avec Sun Ra dans les années 60, enregistré un grand album, On the Beach, de jazz aux limites du modal, du free et du spirituel, dont on commence à peine à saisir l’importance (je commence à voir ici et là des chroniques, bien tardives : le disque a été réédité il y a presque dix ans - et je crois bien l’avoir déjà chroniqué dans les inrocks au début des années 2000, sans que cela intéresse qui que ce soit…). Ce deuxième album de Cohran est peut-être meilleur que le premier, joué sur le fil, menant, comme son prédécesseur, une barque aux marges du jazz, n’explosant jamais entièrement, demeurant toujours sur un étrange fil coupant. Un vrai chef d’oeuvre. Ensuite, chez Mississipi, il y a le disque de l’Orchestre Régional de Kayes, un groupe de Bamako, dont je ne savais rien. J’ai acheté leur disque sur la foi d’une chronique lue sur le net. Et il est parfait d’intemporalité, d’espaces musicaux tout à la fois méditatifs et presque rock aussi, qui m’évoquent la première fois où j’ai entendu de la musique éthiopienne. Mais là, c’est l’aspect minimaliste, mélangé à un étrange sentiment de gospel, qui me plait d’abord.

Enfin, sur Mississipi, il y a des disques de blues. D’abord, deux compilations aux titres et aux pochettes parfaitement élaborés : Life is a problem (dont le titre évoque celui de Life is Hard, publié par Honest Jon - jy reviendrai) et I Don’t Feel at Home in this World Anymore 1927-1948. On y retrouve notamment un de mes groupes préférés, les Blue Sky Boys. Mais qui ne sont rien comparés au grand Washington Phillips, dont la maigre poignée d’enregistrements, datant des années 1927-1929, sous inflence gospel illuminé et presque cosmique. J’avais acheté ce disque sur le net et il n’est jamais arrivé. Mais j’aime tellement les morceaux de ce grand musicien improbable, que je l’ai racheté à la première occasion - c’est-à-dire dès que j’ai pu le voir dans une boutique de disques. Les fans de Palace Brothers trouveront là un morceau intitulé I Had a Good Mother and Father qui fait écho à un morceau du même titre, enregistré par le groupe de Will Oldham sur son premier album. Les autres pourront juste tomber amoureux, ou en religion, en écoutant par exemple Lift Him up that All.

Je précise : ces disques ont été réédités par Mississippi en vinyle et ils sont beaux comme les objets des époques dont ils sont originellement issus, et qu’ils font revivre avec minutie et délicatesse.

Mais Caroline, oui. Ses images et vidéos sont là : http://tight-sweater.blogspot.com/

Cette semaine, à Paris, il ne faut pas rater le concert d’un groupe plus que mythique : les anglais White Noise, qui ont notamment sorti un disque électronique et psychédélique à la fin des années 60. Ils se produisent à la Bellevilloise, durant une journée consacrée aux 40 ans de Mai 68 - avec un mois de décalage sur les célébrations officielles, on appréciera le comique très LSD, en retard d’une séquence, de la date…

A la même affiche, il y aura aussi le trublion psyché funk Arthur Brown, qui a aussi sorti quelques disques mythiques, les français Turzi et Etienne Jaumet (Zombie Zombie), une projection de films de Pierre Clémenti (New Old, Visa de Censure), ainsi que des débats - dont on espère que les participants auront ingurgité autant de pilules qui font disjoncter les neurones que les gars de White Noise avaient dû s’en enfiler en 68, en produisant leur disque d’hallucination proto-folle. Bref, à ne pas rater.

C’est en fouinant sur son site (www.boilet.net), parce que je cherchais à le contacter, que je suis tombé sur cette image qui résume beaucoup de son art : j’y vois une sorte de langueur et d’évanescence, comme un rendu pâle et délétère d’une réalité plus fantomatique qu’érotique. Le visage de la fille ne me séduit pas spécialement, et ce sont plutôt les détails de l’ensemble qui me plaisent et attirent mon regard. Et puis il y a tout ce qui est dans la partie supérieure du dessin, qui dit où l’on est, qui donne des indices sur le lieu, l’époque, le pays, mais sans rien en dévoiler vraiment non plus : c’est cela qui enlumine délicatement toute la silhouette de la jeune fille, comme étrangement immaculée, qui me séduit, m’hypnotise presque. Il y a même dans le tracé qui subsiste dans ma rétine, une fois le dessin disparu, quelque chose de tout à fait spectral, demeurant incrusté longtemps et disant d’une façon souveraine toute la tendresse qui a dû s’établir entre l’artiste et son modèle. Une tendresse qui mène à cela : un dessin pour témoignage d’un moment, et qui vaut plus qu’une photo, parce qu’il rajoute au réel bien plus qu’un vernis. Il y additionne une matière, une strate, : autant de témoignages, imagine-t-on, de sentiments qui ont dû flotter par là, ce jour-là.

Je précise : cette image est extraite du livre L’Apprenti Japonais paru en 2006 et bientôt réédité (automne 2008).

L’excellent DJ et producteur Ricardo Villalobos joue ce soir à Paris, dans le festival Villette Sonique. Ce sera de toute manière toujours mieux que Devo (qui passait il y a quelques jours, que je n’aime pas et dont plusieurs personnes m’ont dit du mal). Mais je ne serai pas à Paris pour le voir. Pour me rattraper, voici une liste de sept de ses disques qui me tiennent à coeur - un pour chaque jour de la semaine.

1. Bredow

C’est le premier maxi de Villalobos que j’ai acheté, en 2001. C’était la première fois que j’allais au magasin
Katapult, qui était encore vers le boulevard de la république, dans une petite rue (ensuite, il déménagera dans le troisième arrondissement, avant de fermer il y a deux ans). Le magasin était étroit, mais ses propriétaires, accueillants. J’y ai écouté plusieurs disques au hasard et celui-ci m’a tout de suite interpellé. Je ne savais pas qui était ce producteur, mais sa musique, qui prenait un temps infini, me plaisait absolument. Quelques semaines ou mois plus tard, je retrouvais son nom sur un disque de remixes de Two Lone Swordsmen et Andrew Weatherall, en interview, me dirait quelques mots sur lui dans sa loge du Batofar.

2. The Contempt

Ce morceau est plus vieux que le précédent. Il date de 1995 mais je l’ai découvert vers 2004 lors d’un dîner chez Michel qui venait d’en acheter la réédition. J’ai tout de suite adoré ses deux versions et son côté brinquebalant, mais extrêmement ferme. Il y a toujours de la fantaisie (militaire ?) chez Villalobos et ici, elle s’exprime tout en filigrane.

3. Easy Lee

Morceau extrait de son album Alcachofa, pour lequel je l’avais rencontré et interviewé. Il m’avait raconté tout son parcours, expliqué comment il avait fait un morceau comme “808 The Bassqueen” (que je recommande aussi) à Ibiza et s’était montré très délectable, charmant et drôle. Il faudrait que je déterre ma cassette de l’entretien et que j’en fasse quelque chose, un jour.

4. What You Say is more than I can say

Un maxi, mais pas vraiment comme les autres : ici, la mélancolie et la folie sont entremêlées et il y a comme une tristesse profonde qui, d’un coup, grâce au chant hanté, jaillit en surface. Je me souviens d’un moment où ce disque tournait en boucle à la maison et en regardant sur ses crédits, je me rends compte qu’il est sorti en 2002 : il y aa une éternité déjà.

5. Blood on my hands

Villalobos signe ici un remix somptueusement sombre d’un morceau déjà très percutant de l’anglais Shackleton. Mais il en fait une odyssée de vingt minutes, tout en éclatements intérieurs, en implosions intimes qui offrent du monde une vision dont on ne sait jamais démêler le festif du désemparé, le fou du simplement joyeux. Et il y a quelques jours, Villalobos a sorti un nouveau double maxi sur lequel Shackleton le remixe : une autre petite perle, complexe et étrangement planante, qui vient ponctuer une série de disques sortis avec une belle régularité depuis un an ou deux.

6. live à Fabric,

Sur ce CD, Villalobos ne mixe que ses propres morceaux inédits, mettant à mal l’idée même de l’album de mixes fait de tubes (et renvoyant implicitement l’idée stupide de Justice de mixer un disque pour Fabric avec des idioties françaises ringardes des années 80 aux orties où elle appartenait - et où Fabric l’a aussi reléguée puisque le duo français n’a jamais sorti ce disque - il a préféré sans doute consacrer son énergie à une vidéo encore plus bête).

7. Enfants (Chants),

Ici, il reprend un morceau, une ritournelle, de Christian Vander, la faisant comme tournoyer sur elle-même, plus grasse que gracieuse, mais néanmoins très élévatrice. Peu de gens autour de moi aiment vraiment ce maxi, mais je le trouve assez enchanteur et très deleuzien, dans son idée de remettre le sample venu d’ailleurs au coeur de la composition, qui en devient comme un drôle de rhizome mouvant, ne faisant jamais racine, mais menant l’audition vers un ailleurs inouïe. C’est peut-être cela la force de Villalobos pour le moment : il n’a jamais fait racine, tout en faisant semblant de toujours faire la même chose.

J’aurais peut-être mieux fait de m’abstenir.

Les Scrambled Eggs sont un groupe de Beyrouth, un peu les Sonic Youth de Gemmayzé (une rue de la ville), et ce sont mes potes. Mais ça fait au moins un an que je ne les ai pas revus. J’ai eu de leurs nouvelles par l’intermédiaire du film Je Veux Voir, de Khalil Joreige et Joana Hadjithomas, avec Catherine Deneuve. Accolé à deux secondes de ma musique, au bout du film, il y a leur morceau Let It Go, qui est un condensé de ce que j’aime le plus en rock, en pop, en énergie flagrante et massive. Charbel, le chanteur et guitariste, y chante mieux que jamais - à moins que ce ne soit moins bien que jamais : dans l’un ou l’autre cas, il reste saisissant de vérité et cette chanson est irrésistible.

http://www.myspace.com/scrambledeggslebanon

 

Trouvé ce livre, récent, à Berlin avant-hier. Il a été dessiné par Atak, qui est une sorte de correspondant berlinois de Blexbolex, et dont on peut lire quelques très beaux livres en France via les éditions du FRMK. Récemment, d’ailleurs, Atak avait adapté pour eux un texte de Gertrude Stein (après avoir mis à mal Alice…). Kub est un joli livre court, tout en sérigraphie, qui donne l’impression, une fois en main, d’être unique et incroyablement fragile. Tout en sérigraphie, il a été dessiné dans le Jura (c’est loin pour un berlinois, ça, non ?) et décrit les objets d’une petite boutique surannée, tenue par une jeune fille tout aussi jolie et intemporelle que ce qu’elle vend. Il y a là beaucoup de délicatesse, de mélancolie, de temps qui passe.  

 

Deux remixes en ce moment, me fascinent : celui de Shackleton, très dense et vertigineux, pour Villalobos - une merveille. L’autre est fait par rustie, pour Pivot, nouvelle signature rock de Warp, mais qui joue comme s’il s’agissait d’un Autechre noisy. Le maxi de Martyn est assez beau aussi. Mais, cette semaine, je suis conquis par des disques plus vieux, des rééditions : le Tamper de Jim O’Rourke, longtemps épuisé, qui ressort sous une pochette minimaliste. Le contenu est drone, viscéral, très prenant. Le Dance Hall Showcase II de Sugar Minott  : une vraie merveille, qui mixe versions chantées et dub. Chaque disque de Minott est une merveille et celui-ci, qui date de 1982 est un des plus attirants, immédiatement séduisant, richement arrangé. Il y a aussi le CD qui réédite les versions du morceau Vantage isle de Deepchord, parfait pour se laisser entraîner sur une pente vaguement groggy. je ne dévoile pas encore tout le reste, mais la compilation Living is Hard, entendue par hasard dans un magasin à Berlin (Hardwax - pas spécialement le lieu où je pensais tomber sur ça) est sublime, emplie d’une étrange mélancolie, d’un sentiment ineffaçable de douleur contrite, de chant sans lendemain.

Avant de publier son premier livre, sorti récemment, Nine avait fait plusieurs fanzines dont un où elle reprenait la figure de Linda Lovelace, célèbre actrice de porno qui avait contribué à populariser le genre dans les années 70 en jouant le rôle principal de Gorge Profonde / Deep Throat. Nine a repris Linda dans une bande dessinée en cours d’élaboration et dont les planches ci-dessus sont extraites.

Un maxi qui débute comme du Pink Floyd lysergique, continue comme s’il tentait de se réveiller en remixant des riffs d’Ash Ra Tempel mêlés dans une sorte de chaudron très FM : je ne sais pas exactement où se situe mon envie, mon amour ou ma fascination, mais j’aimerais bien trouver ce disque - même s’il est ringard de continuer à acheter des disques. Tout ça s’écoute par là : www.myspace.com/fntn et sort sur Information, le label qui édite les suédois Studio (dont il faut à tout prix écouter l’impeccable compilation de remixes, Yearbook 2, prévue elle aussi pour très bientôt).