
C’est en fouinant sur son site (www.boilet.net), parce que je cherchais à le contacter, que je suis tombé sur cette image qui résume beaucoup de son art : j’y vois une sorte de langueur et d’évanescence, comme un rendu pâle et délétère d’une réalité plus fantomatique qu’érotique. Le visage de la fille ne me séduit pas spécialement, et ce sont plutôt les détails de l’ensemble qui me plaisent et attirent mon regard. Et puis il y a tout ce qui est dans la partie supérieure du dessin, qui dit où l’on est, qui donne des indices sur le lieu, l’époque, le pays, mais sans rien en dévoiler vraiment non plus : c’est cela qui enlumine délicatement toute la silhouette de la jeune fille, comme étrangement immaculée, qui me séduit, m’hypnotise presque. Il y a même dans le tracé qui subsiste dans ma rétine, une fois le dessin disparu, quelque chose de tout à fait spectral, demeurant incrusté longtemps et disant d’une façon souveraine toute la tendresse qui a dû s’établir entre l’artiste et son modèle. Une tendresse qui mène à cela : un dessin pour témoignage d’un moment, et qui vaut plus qu’une photo, parce qu’il rajoute au réel bien plus qu’un vernis. Il y additionne une matière, une strate, : autant de témoignages, imagine-t-on, de sentiments qui ont dû flotter par là, ce jour-là.
Je précise : cette image est extraite du livre L’Apprenti Japonais paru en 2006 et bientôt réédité (automne 2008).

1 commentaire
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8 juin, 2008 à 9:35
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c’est qu’un gros pervers.