Je pourrais raconter longuement que j’avais déjà vu le groupe il y a vingt ans au New Morning, dire à quel point il avait alors déterminé tout ce que je ferais par la suite. Je pourrais m’énerver parce qu’il n’y avait rien sur My Bloody Valentine ce matin dans Libé sinon un pauvre article minable et incompréhensible et qu’il n’y avait quasiment rien dans les Inrocks, sinon une misère. Tant pis.

L’essentiel demeure le concert, la chair de poule d’un bout à l’autre, les larmes souvent, vraies et incontrôlables, comme celles qui surgissent à l’instant où l’on retrouve l’air violent d’un pays enfoui loin dans la tête. L’envie aussi de tomber à l’instant où la salle a tout coupé, laissant le groupe coi, stupéfait. Et cet inconnu venu me remercier dès la fin du concert pour ce blog – il se reconnaîtra.

Et je ne sais qu’une seule chose au moment de m’endormir : mes oreilles bourdonnent comme rarement et elles résonnent de joie, tandis que je vois encore l’écho dans ma rétine de la silhouette de Belinda exactement comme il y a vingt ans. Elle n’a pas vieilli, je suis toujours amoureux d’elle, sa voix est un bourdon qui me dit que je sais exactement ce que j’ai fait des vingt dernières années et ce que je ferai aussi des vingt prochaines, peut-être.

(d’autres photos par là : http://s54.photobucket.com/albums/g87/discip/My%20Bloody%20Valentine/)