En recevant l’album de Koushik, qui sort en septembre (www.stonesthrow.com/koushik/), je pensais entendre un disque électronique dans la veine de Four Tet (les deux musiciens sont proches, je crois), en plus hip-hop peut-être. Rien de tout cela. Au contraire, Out My Window est plutôt un disque de blues dénudé, mélancolique comme du Spiritualized amaigri, mené par un chant léthargique. Son label en parle comme d’un disque des années 60, aux arrangements malins, comme en sortait le label Capitol. Pas faux, mais il y a là surtout quelque chose de cosmique et céleste qui n’est pas uniquement nostalgique mais très contemporain. Et résonne bien en contraste avec l’album de Lindstrom (qui sort mi-août), composé de trois longs morceaux dont le premier, le meilleur, dure 28 minutes – le temps d’une vie ou encore le temps d’un album de Tangerine Dream de la bonne époque. Il y a là des envolées et des spasmes, des rotations hypnotiques, des tournantes synthétiques qui élèvent et forcent le sourire. L’album a un titre beau comme un roman d’adolescent ; Where You Go I Go Too – Où que tu ailles, je te suivrai. Ce qui est un peu le résumé de mon histoire avec Wire : depuis la première écoute, je les suis et ça fait un bout de temps que ça dure puisqu’ils n’oublient jamais de donner des nouvelles régulières comme sur ce nouvel album (déjà sorti), étrangement insolent pour son âge.