Je suis impressionné par la force des dessins de Namio Harukawa, qui ont quelque chose d’extrêmement malsain et laid, kitsch et drôle, à la limite du moche, du dessin de brocante. Le dessinateur Stéphane Blanquet vient d’en sortir un impressionnant volume via sa maison d’édition United Dead Artists, dans le même format que son précédent et très beau Burns. Son titre: Callipyge. On y voit une succession de femmes assez rondes et voluptueuses assises sur la face d’hommes qui paraissent lilliputien en comparaison. Des scènes qui sont tirées de la vie quotidienne (une conversation entre copines) ou de moments plus intenses (en prison, un étron dans la bouche ?) et donnent une vision des rapports humains violents mais désopilants tant le dessinateur accumule d’incongruités gratuites. Son monde est bien fondé sur un érotisme acide, qui use de clichés SM pour aboutir à une succession d’images qui sont entre la vivisection porno proto chic d’Eric Stanton et les comics bruts et brutaux des années 50, avant la censure. Les hommes, en tout cas, y ont toujours, à chaque image, la tête dans le cul.