J’avais chroniqué certains de leurs disques précédents dans les Inrocks, il y a deux ou trois ans. Sans doute à l’époque où ils avaient participé à un festival à Paris (Sonic Protest, je crois). Je les ai toujours considéré comme une émanation plus immédiate et compréhensible de Black Dice. Là, Je découvre leur album pour Warp. La pochette les montre quelque part du côté des Sun City Girls et du label Sublime Frequencies, avec une imagerie world punk détournée. La musique est ailleurs. Les premiers morceaux sont assez étonnants, évoluant entre une forme angoissante de disco électronique et une écriture assez langoureuse, tendue par un désir implicite de construire des mélodies adjacentes à du bruit pur. Il y a là quelque chose d’un peu régressif, mais aussi d’absolument moderne, qui ne cède rien au souvenir, fonctionne par réminiscences évasives mais sonne vraiment comme s’il avait surgi d’aujourd’hui, habité par des préoccupations de 2008, entre l’Irak en guerre et l’envie impossible d’un monde meilleur, moins frénétique, mais impossible à construire.