
SND est un des plus passionnants groupes (c’est un duo comme Autechre, Boards of Canada, etc.) de musique électronique. Après une poignée d’albums et maxis au début des années 2000 notamment pour le label Mille Plateaux, le duo n’avait guère donné de signes de vie jusqu’à sa réapparition l’an dernier en première partie de la tournée d’Autechre et via la sortie d’un magnifique maxi, mais très limité. Là, le nouvel album devrait être plus facilement trouvable. Il est édité par le label allemand Raster Noton et le groupe y est au meilleur de sa forme. Le premier morceau est connu : on l’avait entendu durant le concert du groupe au Rex Club l’an dernier en première partie d’Autechre. il déploie une sorte de syncope virale jouant avec les silences et les arrêts, les coups et les percussions, les saccades et les perceptions. On ne sait si l’on est là dans une composition pensée, arrangée, déployée ou dans une suite de mouvements brusques. Le reste est tout aussi étonnant, fertile, happant, et s’installe très vite dans les oreilles, construisant une sorte de toile quasiment graphique, parfois bourdonnante, mais le plus souvent habillée de rythmiques casses, hachurées, parcourues par des échos de mélodies synthétiques. On est là au coeur de ce qui se fait de plus essentiel dans la musique électronique de ces années 2000 finissantes. Un coeur exalté, métallique, empli d’un charme cassant.

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12 avril, 2009 à 4:43
Charplan
Je ne connaissais le groupe que de réputation. J’ai été un peu déçu par cet album – honteusement téléchargé, à vérifier en édition « physique » donc. En comparaison avec Ae, Alva noto ou Oval, SND semble assez « sec » au début. Genre mumuse avec des boucles qui calent puis repartent. Mais l’album gagne à la réécoute et la pureté des sons est séduisante. En tous cas Raster Noton sort de très bons disques en ce moment (Xerrox2, Utp).