




Quelques disques qui me rendent plutôt volubile : un album d’Alice Coltrane sorti en 1977, longtemps négligé, mais qui m’apparait enfin comme un disque voluptueux, inspiré par la musique indienne, porté par des voix, des percussions organiques, une spiritualité joyeuse. A découvrir, vraiment. Ensuite, l’album Crystallized de Sinner DC, groupe suisse qui manie un savoir faire électronique et pop évoquant le meilleur du label Warp, mais avec une esthétique plus moderne encore. Il y là beaucoup de rythmes sourds, de cadences chaloupées, de chansons plus cosmiques que terrestres. La pochette, déjà, me fait rêver, tout en fausses strates et collages d’images trouvées au hasard. Les fans de Boards of Canada apprécieront cet album, élégant et joliment arrangé, lentement hypnotique. Moins électronique et bien plus psychédélique, le Night flights d’Expo 70 (alias l’américain Justin Wright, dont j’adore la musique) est un des albums de l’année, tout comme son précédent Black Ohms était l’un des disques de 2008. Ici, quatre morceaux gravés sur du vinyle bleu, explorent avec entrain des aires de guitares en strates et réverbérations, résonnantes à la manière de traines de feedback issues d’un solo stellaire. Il y a là du rythme, des vieux synthétiseurs et une immédiateté qui empêche cette musique très analogique de virer dans l’autisme : elle et séduisante, embaumante. Ce qui est le cas aussi, mais en plus rugueux et brut, des drones « tropicaux » de James Ferraro, sortis sur deux albums jumeaux, Clear et Discovery, aux pochettes quasi identiques mais dont les disques cachent chacun deux morceaux composés de boucles filtrées et désarticulées, qui finissent par produire un drôle d’effet de chaleur moite bien en résonance avec la torpeur de ces jours-ci.

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