Sorti sur le label Touch, ce disque aurait pu aisément prétendre au titre de disque de l’année s’il n’avait pas été entièrement composé de morceaux vieux de quelques années déjà : il s’agit là d’une compilation de morceaux rares, peu fréquentés, sortis en édition limitée ou disséminé sur des compilations. Cinq morceaux au total, qui couvrent les années 2000 d’Oren Ambarchi en solo, montrant plusieurs facettes de son joli savoir-faire de guitariste iconoclaste, intéressé par les textures de sa guitare et le temps long qu’il peut construire à partir de ces sonorités. Plusieurs directions, donc, unies par un point commun : la capacité d’ambarchi à faire bourdonner ses instruments d’une manière tout à la fois ample, profonde, mais aussi céleste et mélodique, à la manière d’un chant d’étoiles au loin. Ici, plusieurs méthodes, parfois une voix surgissant, mènent vers cette même idée du temps qui s’allonge, décomposé par la musique, par la lenteur et les échos. Il faut écouter tout ce qu’Ambarchi a enregistré, parce qu’avec le recul, on se rend bien compte que malgré les façades aux airs similaires, il n’y a pas deux albums qui se ressemblent dans sa discographie. Se suivre sans se ressembler est sans doute ce qui le détermine le mieux. Pas besoin de chercher bien loin : notre (air) guitare-héros, c’est lui. A noter qu’Ambarchi a réédité en 2009 trois albums rares : Persona et Stacte.3 étaient sortis sous son seul nom, tandis que le très beau Afternoon Tea était un enregistrement live avec Pimmon, Peter Rehberg, Keith Rowe et Fennesz, initialement sorti sur le label défunt Mille Plateaux, mais qui, malgré les années, n’a pas pris une ride.