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Goddess of War de Lauren Weinstein est sorti aux USA chez Picturebox. Un grand format assez alléchant, entre un vieux comics de super-héros, un livre de Gary Panter, et une fresque préhistorique vue par Jean-Claude Forest. Le livre sort en France au courant de l’été (en principe) chez Actes Sud. En voici déjà la couverture française, inédite, plus belle et pop que l’américaine. Alléchant, non ?

Ce livre vient de sortir aux Etats-Unis, et je ne pense pas que quelqu’un le traduise jamais en France. Son sujet semble, a priori, très américain : on y voit compilés des histoires de héros de comics primitifs, sorties entre 1936 et 1941. Des héros surgis dans le sillage de Superman et Batman, mais totalement oubliés depuis. Pourtant, avec les années, les histoires montrées ici ont conservé une vraie force d’évocation, d’invention narrative, de recherche graphique et, aussi, de distraction pure. On y voit des auteurs comme Jack Kirby et Joe Simon, Basil Wolverton, Bill Everett, Will Eisner, Fletcher Hanks, Joe Shuster et Jerry Siegel (les créateurs de Superman…) qui tentent d’inventer là des personnages singuliers, transcendant les habitudes de l’époque, profitant à plein de ce que permet la bande dessinée comme interprétation et réinvention du réel. Il y a là beaucoup de chimères et d’utopies entremêlées dans des graphismes crus, abrupts, violents (la censure n’était pas encore là), qui, lorsqu’on les découvre avec 70 ans de retard, témoignent d’une étrange beauté brute, sans filtres, ni clichés. Je rêve d’un livre montrant la même chose pour la BD française ou européenne des mêmes années.

Ce livre vient de sortir aux Etats-Unis, il fait plus de 800 pages, on dirait un annuaire, petit et épais. Il se lit comme aucun aure livre, se dévore littéralement, d’un bout à l’autre. Tatsumi qui est déjà l’auteur de livres assez géniaux (notamment l’Enfer sorti l’an dernier en France chez Cornélius) raconte ici son histoire personnelle, mais a changé les noms (ou au moins le sien). On le voit gamin et jeune adulte des années 50 apprenant à faire des mangas, à trouver patiemment et péniblement sa voie. Mais le livre n’est pas que cela, il est aussi une incursion dans l’histoire culturelle du Japon vue à travers les expériences esthétiques de l’auteur, et un précis sur la famille. Le rythme de la narration est parfait, le dessin est de même : je ne sais quoi dire, à part que je plonge ce livre sans savoir comment m’arrêter.










Imprimé à temps pour la Nuit Curieuse de la Ferme du Buisson, ce soir.




