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Ariel Kalma est un musicien Français qui a sorti dans les années 70 ces deux albums, en plein boum post-68, mêlant conscience écologique nouvelle, influence de Terry Riley et spiritualité zen. Ses disques sont construits à partir de fragments d’enregistrements pris dans la nature, des synthétiseurs et du saxophone joués en boucle, filtrés, planants. Kalma a fait d’autres disques ensuite (sans doute plutôt new age), mais ces deux-là me plaisent par leur époque de naissance (au même moment, je regardais Goldorak) et leur  approche  rugueuse, directe, du son.  Ils ont tous deux été réédités par le labal Beta Lactam Ring,  où l’on trouve aussi  Nurse With Wound et Nadja.

Je me souviens un matin devant la boutique New Rose, nous n’avions pas encore le bas ou à peine, et Frédéric et Gérome arrivaient là et devant le numéro de l’hebdo anglais Sounds qui annonçait la séparation de Spacemen 3, nous étions consternés et puis Frédéric a eu cette phrase : “maintenant, c’est Loop qui sera maître du monde”. Et ce n’était pas entièrement faux, puisque, peut-être,  20 ans plus tard, c’est Loop que l’on réédite avec soin et c’est Loop même que l’on entend résonner chez pas mal de groupes  portés sur le drone, à commencer par Sunn O))). Loop, donc, avec Spacemen 3, était le seul groupe dont je pouvais me vanter de tout posséder, et même en plusieurs exemplaires. Tout, et plus encore, est désormais réédité et je ne saurais trop recommander le triple CD The World In Your Eyes, qui reprend l’ensemble de leurs maxis. J’ai passé des années à ne pouvoir m’endormir qu’en écoutant la face B de leur premier, Burning World, une sorte de flottaison éthérée, mais aride et pressante – j’ai même vu Field Mice la reprendre et j’ai même la reprise sur un flexi transparent quelque part. Ensuite, il faut écouter les autres albums du groupe, répartis sur 3 CD, désormais dédoublés grâce à des bonus. Tout cela est juste un retour de mystique, mais il faut bien avoir une religion, quelque part.

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Dans la série des disques de reprise de Suicide (il y a notamment eu un Springsteen), celui-ci est une merveille : la plus belle chanson de Suicide, déjà reprise il y a 20 ans par Spacemen 3 dans une version désenchantée et sublime, est ici réinterprétée en plus glauque et dévoré encore par la paire Sunn / Pan Sonic tout au service de ce morceau, chanté d’une voix de cave séchée par Joe Preston des Melvins. Pas encore eu le courage d’écouter la face B, et les autres morceaux (un par Alan Vega, l’autre par Stephen Burroughs de Head of David), tellement la première face est aspirante.

Ce soir à Paris, il y a un concert aux Voûtes avec Pocahaunted et Sun Araw (parmi les meilleurs tenants du renouveau psyché drone version 2009). Et il y a aussi à la société de curiosités, un concert de GATE alias Michael Morley, vétéran du rock lysergique, musicien dans the Dead C. Les deux sont immanquables. Que faire ?

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Toujours eu un faible pour Bardo Pond, groupe psyché américain, écouté dans la lignée de Spacemen 3 il y a quelques années déjà et jamais perdu de vue depuis. J’adore leur album live sorti chez Archive, par exemple, très proche d’Ash Ra Tempel. Et je me suis récemment procuré celui-ci, Peri, sorti par le groupe en avril et comprenant des bandes inédites de morceaux plutôt allumés, rock et psychédéliques, endiablés, comme des machines à boucle organiques. C’est très planant et sombre – ce qui donne à l’environnement dans lequel je l’écoute aujourd’hui (Beyrouth en plein été naissant, la lumière la plus belle du monde), une sorte de patine différente, ensuquée, comme un moment avant l’orage.

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