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Prendre position, écouter et défendre les groupes d’ici, au même titre que ceux d’ailleurs. Voilà ce qui s’entend dans ces deux compilations, et qui donne envie d’être là aussi, ici. La première est un beau vinyle, sortie pour fêter les 10 ans du label SDZ Records. Elle est dynamitée d’un bout à l’autre, rock, punk, folle. On y entend au moins quatre morceaux frappants, deux par face, sur un ensemble quasi parfait de 13 chansons mordantes. Face A : Alan Courtis ouvre le disque, avec une construction sonore presque concrète, qui pose l’atmosphère. En bout de face, un morceau de Cheveu, toujours parfait, comme sorti d’un garage à peine électrifié. De l’autre côté, en milieu d’écoute, une bombe punk signée Pierre & Bastien est une des plus drôles diatribes acerbes et acides sur l’époque contemporaine, entendue depuis longtemps. Son titre ? « RMI »… Finalement, en fin de disque, il y a une comptine titrée San Francisco Poet signée Electric Bunnies et qui aurait pu être sortie sur un disque d’acid-folk par ESP-Disk vers 1968.

L’autre disque est éditée par l’excellent label La Station Radar et ne porte pas d’autre nom. Il est plus long, comporte davantage de groupes, mêlant les nationalités, mais sans donner de détails ou de pistes, comme pour laisser la musique parler, seule, à qui voudra bien l’écouter. Elle est comme une carte sonore de ce qui se fait en ce moment, comme une tranchée de strates, faite en plein coeur de la modernité musicale, une inspection de myspace et tous les autres sites où se postent en permanence des milliers de morceaux. Ici, ils sont choisis, mis en une séquence singulière. On y apprend à connaitre des inconnus, comme les turbulents Blessure Grave, dont on aimerait avoir, vite, d’autres nouvelles.


Vous écoutez l’émission Songs of Praise ? Elle existe depuis plus longtemps que j’arrive à m’en souvenir, toujours habitée par un besoin de découvertes, de partage et d’explorations musicales. Récemment, les trois garçons qui l’animent m’ont invité pour parler de ce blog, de mes livres, de la musique de Discipline, etc. En juillet, l’émission était consacré uniquement à la musique sortie sur cassettes. L’occasion de demander à ses animateurs de faire leur liste de cassettes de l’été… La voici :

ROBIN FOX,  » A handful of automation » (Mego)

CONES, « Lose your illusions » (Meudiademorte)

ANTI/UTON, « Sininen nauha » (Tapetektoniks)

LAUNDRY ROOM, « Coronal transient » (self released)

RAINIER LERICOLAIS, « Rodchenko à Paris » (Galerie Marion Meyer)

STARVING WEIRDOS, « Today is the clearest stream » (Blackest Rainbow)

M AX NOI MACH, « Creeper » (Ormolycka)

ANTHRO REX, « Awesome graphics » (Ormolycka)

PISTOL DISCO, « Evigt Grön » (Ormolycka)

SYNT.TOFS/SHAMS, « Honcking vs fucking » (Ormolycka)

BLACK EAGLE CHILD »Thursday » (K7)

AIMER »Death Cracks Nciz » (K7, Burn Real)

18th FLOOR RESIDENTS »L’imposture » (K7, Burn Real)

HATERS »Wind licked Dirt » (K7, Hanson)

GETATCHEW MEKURYA « s/t » (K7, Ibex Music Shop)

HAIR POLICE « Obedience cuts » (K7, Hanson)

LASSE MARHAUG « The sky above the bud below » (K7, Presto)

MAJA S.K. RATKJE « Danse macabre » (K7, Kassettkultur)

MARANATA « Site point » (K7, Kassettkultur)

JON WESSELTOFT « Singing cobra ecstasy » (K7, Tape Rape)

LAYERS OF THE ONION « Binnorie » (K7, Droningonrecords)

V/A « 25 years » KORM PLASTICS (K7)

EXPO 70 « Center of the earth » (K7, Sonic Meditations)

ENFER BOREAL « Sea of tranquillity » (K7, Digitalis)

HIGH WOLF « Supermodern temple » (K7, Krayon)

H.IDJAH HADIDJAH with GUGUM GUMBIRA « Alok Samin Batu » (K7, Jugula recordings)

ONE ARM « s/t » (K7, Zooorganisation)

MAURICE LEMAITRE « Oeuvres poétiques et musicales lettristes » (K7)

HARRY – RANI RADOVI « Rotterdam, 1991, K7)

DYLAN NIOUKIS « Dadgum my bubblegum » (Hanson)

ULTRA BONBON « North America Family Bomb », K7 (TanzProcess)

FREDRIK NESS SEVENDAL « Tinool » (K7, Sloow Tapes)

TAIGA REMAINS « Thereafter » (K7, Arbor)

ENRICO MALATESTA « standart » (K7, Presto)

EVOL « Fart synthesis » (K7, Presto)

BJ NILSEN / STILLUPPSTEYPA « Space finale » (Mego)

Cyque-Sage « field trail recordings vol.1″ (K7, House of Sun)

S.CORE « Undersong » (Underground Productions, K7)

Maxime Guitton fait partie de ces garçons et filles dont le goût est si sûr et les convictions si joliment ancrées en eux, que leur amour pour la musique est immédiatement communicatif. Maxime s’est longtemps caché derrière la structure Ali Fib, qui organise quelques-uns des concerts parisiens les plus excitants, où l’on voit de vrais nouveaux groupes, des vétérans retrouvés, des collisions inédites. Il est aussi très actif sur Facebook où il poste régulièrement des chansons, des vidéos, des pochettes d’albums qui donnent simplement envie d’écouter des choses nouvelles – même si elles datent d’il y a trente ans : Maxime a le chic pour débusquer des perles, là où n’y penserait pas. Je lui ai demandé de faire une liste de morceaux du moment, pour partager ses goûts avec les lecteurs de ce blog. Il a non seulement fait une liste de 30 morceaux à tomber par terre, mais il les a aussi commenté (et mis sa sélection à écouter par ici). Il dit aussi ceci : « Je devrais préciser qu’à l’exception de quelques morceaux qui sont bel et bien pour moi des classiques absolus dont je ne peux pas me lasser, la plupart des morceaux sont des chansons que j’écoute beaucoup ces temps-ci. D’où sans doute, la tête un peu maniaque de cette playlist. Au moins, on comprendra facilement où se trouvent mes centres d’intérêt actuels, la « phase » musicale dans laquelle je me trouve ! » Bonne lecture, bonne écoute, n’hésitez pas à donner vos commentaires, vos listes inspirées par celle de Maxime.

1. Dana Westover: ‘Beginning’ (Memorial to Fear, 1972) :
Je ne connais pas grand’chose de Dana Westover, sinon qu’on peut encore entendre sa voix sur un programme de radio de WUMB à Boston, où il vit depuis des années. J’ai découvert ce morceau instrumental, le bien nommé « Beginning’, qui ouvre son premier album « Memorial to Fear » ainsi que ‘Guitar Soli’, l’une des excellentes compilations ‘Wayfaring Strangers’. M’est avis que la compilation de 2007 est bien plus facile à trouver que l’album original de 1971 sur Wolf Music, mais « Memorial to Fear » vaut bien quelques journées de recherche. Pour fans de l’école ‘fingerpicking-esque’ de William Ackerman et des premières références de son label à venir Windham Hill. Concis, mélancolique : en un mot, addictif.

2. Chris Smither: ‘Lonesome Georgia Brown’ (Don’t It Drag On, 1972)
Smither est un chanteur de folk américain qu’Eric von Schmidt a adoubé à son arrivée dans les coffee shops de Cambridge à la fin des années 60. « Don’t It Drag On » est son deuxième album, que j’ai eu la chance de dégoter pour une poignée de dollars dans son tirage d’origine chez Poppy (sans l’abominable logo rouge de Tomato qui figure sur les tirages plus tardifs) : l’album est un monument d’élégance et (accessoirement) l’un de mes LPs préférés. Smither est encore actif, quoique sûrement un peu ramolli.

3. Chris Thompson: ‘The River Blues’ (s/t, 1973)
Thompson était un inconnu qu’une particularité de taille m’a rendu instantanément exotique et donc intriguant : c’est un folkeux kiwi ! Précision cependant qui permet de l’inscrire immédiatement dans une scène : Thompson tournait dès la fin des années 60 à Londres aux côtés de Bert Jansch, John Renbourn et Davy Graham. Son album éponyme paru sur un micro-label irlandais est un classique.

4. Bob Dylan: ‘Po’ Lazarus’ (A Tree with Roots, 1967)
Même pas une minute pour cet enregistrement approximatif et incomplet du traditionnel « Po’ Lazarus » issu des « Basement Tapes » (l’intégrale en 5CD, pas la version officielle de 1975). Dylan boucle sur « Oh, the high sheriff told his deputy / Go out an’ bring me Lazarus / Dead or alive ». Robbie Robertson et Garth Hudson sûrement en renforts. C’est bizarre mais ce morceau, dans toute son imperfection, représente pour moi le sommet du plus grand disque (non officiel) du plus grand compositeur américain vivant.

5. Bruce Langhorne: ‘The River at Sun-Up’ (The Hired Hand OST, 1971)
Bande-son du premier film de Peter Fonda (un western), tourné la même année que « The Last Movie » de Dennis Hopper, avec le même budget et pour les mêmes studios. Comme pour son film à venir de sci-fi (« Idaho Transfer »), Fonda demande au très respecté Langhorne (voir les commentaires élogieux de ses anciens compagnons de studio – de Sandy Bull à Bob Dylan) de réaliser la bande-son. Le résultat, par l’intégration de dialogues dans la musique mais aussi et avant tout par les qualités musicales du score, pousse à des comparaisons immédiates bien méritées avec le soundtrack de Neil Young sur « Dead Man ».

6. John Manning: ‘Hard on the Road to New Mexico’ (The American Dreamer OST, 1971)
Une perle acoustique parmi 9 autres (signées Gene Clark, John Buck Wilkin, …) issues de la bande-son de « The American Dreamer » de Dennis Hopper, filmé la même année que « The Last Movie ». Le mixage de la BO diffère de la version de l’album sorti la même année (« White Bear »). Et la surpasse.

7. Jerry Jeff Walker: ‘My Old Man’ (Mr. Bojangles, 1968)
« Mr. Bojangles » est le premier album solo du fondateur de Circus Maximus, l’ami de Willie Nelson, et l’auteur du tube… ‘Mr. Bojangles’. ‘My Old Man’ est une balade qui tire la face B vers sa conclusion, en apesanteur et sur fond de boucles d’arpèges et d’arrangements de guitares et de violons qui portent la signature de son lieu d’enregistrement : Austin.

8. Terry Allen: ‘What Of Alice’ (Juarez, 1975)
Imaginer Randy Newman ou Neil Young (circa « After The Gold Rush ») embarqué avec deux couples sur un road trip meurtrier au travers San Diego, L.A., Cortez et Juarez. « Juarez » est un ‘concept album’ de country-rock totalement inconnu (sinon des 1050 propriétaires du disque au moment de sa sortie). Le premier album solo de Allen, dont tout le monde se fout, n’est-ce pas ? Un peu moins depuis sa réédition en CD. L’occasion de comprendre, un peu effaré, que « Juarez » est l’un de ces classiques instantanés, absolus, indiscutables. Je le garantis : on peut écouter « What of Alice » 10 fois de suite sans jamais dévisser.

9. Ron Elliott: ‘All Time Green’ (The Candlestickmaker, 1969)
En échappée de Beau Brummels, Ron Elliott signe en 1969 son unique album solo. En compagnie de Leon Russell et Ry Cooder. « All Time Green » ne jurerait pas sur un album de Gene Clark.

10. Vernon Wray: ‘Face All The Same Tomorrow’ (Wasted, 1972)
Ray Vernon, aka Vernon Wray, était sans doute trop occupé à sophistiquer son studio Wray’s Shack Three Tracks (qui a vu passer entre autres Jerry Garcia), pour connaître le succès de son frangin Link Wray.  En 1972, il a en tout cas enregistré sur son propre label Vermillion une bizarrerie country quasi-dadaïste qui a fait le bonheur des collectionneurs pendant plusieurs décennies. ‘Face All The Same Tomorrow’ est le morceau (spectral) d’ouverture pour piano, guitare, choeurs. « Wasted » vient d’être réédité en vinyl par William Tyler aka Paper Hats, sur son label à Nashville. Le contacter.

11. Nicky Hopkins: ‘Waiting For The Band’ (The Tin Man Was a Dreamer, 1973)
Nicky ‘Edward’ Hopkins, le discret et frêle pianiste britannique entendu chez les Stones, les Who, les Beatles, Jeff Beck Group, Quicksilver Messenger Service, etc. etc. Ici sur son 2e album solo. Prêt à parier combien que Jim O’Rourke a syphonné ce morceau pour « Eureka » ?

12. John Phillips: ‘Topanga Canyon’ (John, The Wolf King of L.A., 1970)
En 1970, John Philips semble prendre acte de la mort de son couple, de son groupe (The Mama’s and The Papa’s) et d’une génération que la musique de son groupe aura emblématisé et accompagné (juillet 69 : Bobby Beausoleil / août 69 : Charles Manson / décembre 69 : Altamont)… Il enregistre donc « The Wolf King of L.A. », un album de désenchantement, un disque de fin de monde. « Oh Mary, I’m in deep water, and it’s way way over my head/everyone thought I was smarter than to be mislead ». Et laisse dernière lui un classique (Dennis Hopper est dans le coin, comme de bien sûr) que pour des raisons légales on a vite enterré au moment de sa sortie.

13. Terry Kath: ‘Tell Me’ (Electra Glide in Blue OST, 1973)
Même sentiment de gâchis et de mélancolie qui accompagne le morcellement d’une utopie. ‘Tell Me’ est le morceau fantôme de Chicago. Celui qui n’apparaît sur aucune discographie du groupe. Mais qui est pourtant bien signé de son chanteur Terry Kath. « Tell Me » est en fait le gospel multitracké qui accompagne la fin de « Electra Glide in Blue », road movie méconnu d’un même pas trentenaire James Guercio…alors manager des tout puissants Chicago chez United Artists. Guercio signe un anti « Easy Rider », nourri de John Ford. Et au passage l’un des plus beaux plans séquences du cinéma. Avec « Tell me » donc pour musique. Pour l’anecdote, le morceau, uniquement disponible sur la bande-son du film publiée à l’époque par UA (un très bel objet avec des posters de Harley et tout et tout), refait surface presque 15 ans plus tard lors de la séquence finale du dernier épisode de la dernière saison de « Miami Vice ». Un conseil : ne pas prendre le « God Bless America » au premier degré sous peine de contresens monumental.

14. Lenny Breau: ‘Mercy, Mercy, Mercy’ (The Velvet Touch of Lenny Breau – Live!, 1969)
Guitariste virtuose, amoureux de flamenco, épris de ragas indiens, de fingerpicking, de blues, … obnubilé par l’idée de faire le grand écart entre différentes écoles musicales…ça ne vous rappelle personne ? Sir Richard Bishop ? Bing, perdu. Lenny Breau avait déjà toutes ces cordes à son arc. Et ce dès le milieu des années 60. ‘Mercy, Mercy, Mercy’ est un enregistrement live de 69, en trio (Breau était aussi et avant tout un guitariste – canadien – de jazz). Les vidéos qui circulent en ligne sur Breau sont époustouflantes. Ne pas manquer Leonard Cohen commenter la vie de Breau. Ou Chet Atkins et Liona Boyd jammant et parlant technique avec Breau (maître absolu d’une figure dite « harp harmonics »).

15. Mississippi Fred McDowell: ‘Kokomo Me Baby’ (I Do Not Play No Rock’n'Roll, 1969)
Quand Fred McDowell finit par accepter de s’électrifier, cela produit mon disque de blues de chevet. « Unless you’re from Mississippi it’s hard to understand his rich country dialect » précisent les notes de pochette. « Now the only way you can rock Fred you have to put him in a rocking chair, or you just lay me down, you unnerstand, see heah…that’s my type of rocking…yeh heh! » Kokomo me, baby, okay?

16. The Doors: ‘Back Door Man’ (The Doors, 1967)
Voilà quoi. Et qu’on vienne pas cracher dans la soupe.

17. Creedence Clearwater Revival: ‘Feelin’ Blue’ (Willy and The Poor Boys, 1969)
4e album du CCR de John Fogerty. Musique parfaite pour macadam à « quatre » voies. Arme redoutable à torticolis. Piège à groove : motorik.

18. Canned Heat: ‘That’s All Right, Mama’ (Future Blues, 1970)
Le plus grand groupe de blues blanc au monde. Quoi d’autre ?

19. Steppenwolf: ‘Corina, Corina’ (Early Steppenwolf, 1969)
Sur le « Early Steppenwolf » enregistré en concert, on peut trouver les prémisses des Sun City Girls sur l’introduction des 28 minutes de ‘The Pusher’. Mais sur ‘Corina, Corina’, ce que je retrace, ce sont les guitares claironnantes de Florian Fricke circa « Letzte Tage, Letzte Nachte ». Oui oui.

20. Larry Coryell ‘Herman Wright’ (Lady Coryell, 1968)
Pour quiconque trouve vraiment chiants les exploits guitaristiques de Coryell sur ses albums jazz, « Lady Coryell » est l’antidote. Avant de passer dans la surenchère un peu vaine, Larry Coryell avait enregistré « son » disque de rock psychédélique. Et on se demande pourquoi il n’a pas continué dans cette voie-là.

21. Billy Thorpe & The Aztecs: ‘Mama’ (Live at Sunbury, 1972)
Chanteur moustachu anglo-australien vite tombé en disgrace passé le début des années 70. Je l’ai découvert au travers d’une reprise de son tube absolu ‘Mama’ par Endless Boogie. Je ne suis pas sûr qu’il existe en dehors de la version live de Sunbury d’enregistrement studio de ‘Mama’. Une version de ‘Mama’ à l’occasion d’un passage télé sur le plateau de GTK circule également sur youtube. Quintessentiel ! Personnellement, je pense que la reprise d’Endless Boogie (20 minutes au compteur) bat à plate couture l’original.

22. Endless Boogie: ‘Dirty Angel’ (Volume 1 – Black, 2005)
Canned Heat meets The Velvet meets AC/DC meets CCR. The Boogies est le plus grand groupe de rock en activité. Point. Le groupe préféré de Mark Ibold et de Stephen Malkmus. Mais pas sûr que ça parle plus que ça aux indie-fans de Pavement. ‘Dirty Angel’ est issu d’un enregistrement brut de fonderie réalisé au cours d’une répét’ dans leur basement à Brooklyn. Quelques centaines d’exemplaires en ont été tirés. Et la rumeur a fait le reste. Jam after jam after jam.

23. Mario Barbaja: ‘In Quella Città’ (Megh, 1972)
C’est toujours un plaisir de découvrir par hasard que derrière les immenses Claudio Rocchi/Franco Battiato/Roberto Cacciapaglia/Giusto Pio/Luciano Cilio/Lucio Battisti, responsables des plus belles heures de musiques européennes des années 70s, se trouvent encore tapis dans l’ombre des noms comme Mario Barbaja. Un ami de Rocchi, milanais comme lui, dont je ne connais pas grand chose sinon ce disque, « Megh », publié en 1972, un croisement inespéré entre chanson italienne, prog, raga, folk, krishna (l’influence de Rocchi ?), le tout en cinémascope.

24. Philippe Besombes: ‘Cérémonie’ (Libra, 1974)
Bande-son de « Libra », projet d’un collectif de réalisateurs français du nom de groupe Pattern. Ce film de sci-fi était originellement accompagné de morceaux du Floyd. Le film gagnant en visibilité et les réalisateurs n’ayant aucun droit sur la bande-son, un autre score a du être écrit : Jean Michel Jarre a décliné et a refilé le bébé à un ami, proche de Luc Ferrari : le génialissime Philippe Besombes. Cofondateur avec Jean-Louis Rizet du groupe et du label underground Pôle, Besombes n’a jamais bénéficié de la reconnaissance d’un Pinhas par exemple. Ce qui est franchement injustifié au regard de la production de Besombes pendant ces années. « Libra », dans sa dispersion tous azimuts (musique concrète, boogie, folk, rock psychédélique, …), représente pour moi le climax de la musique française underground de la décennie ’70. « Cérémonie » est un requiem lysergique pour orgue et choeurs. Pas éloigné de Paternoster ou du Floyd circa « Meddle ». Wah Wah en a fait une réédition il y a quelques mois. Le tirage d’origine se trouve encore, avec un peu de patience.

25. The Roches: ‘One Season’ (Nurds, 1980)
« Nurds » est le 2e album des soeurs Roches : Maggie, Terre (un temps les backup singers de Paul Simon) et Suzzy. Leur premier album éponyme est peut-être moins tombé que les autres dans un oubli/déni total du fait de la présence de Robert Fripp à la prod. Je crois pourtant que « Nurds » contient une encore plus belle collection de pop songs intelligentes, drôles, truffées d’harmonies vocales inventives. La première fois que j’ai entendu « One Season », c’était je crois une copie VHS d’un live TV. Quand les harmonies commencent à pitcher vers le bas au milieu du morceau, j’ai cru que la VHS déconnait. Pas du tout : les soeurs Roches introduisent sur ce morceau à plusieurs reprises des modulations incompréhensibles qui les font passer d’une tonalité à l’autre.

26. Cosmic Psychos: ‘Custom Credit’ (Down on The Farm, 1985)
Dis papa, le grunge c’est quoi ? Et bien c’est l’invention d’un groupe punk australien qui s’appellait Cosmic Psychos. Et c’était en 1985.

27. Solid Space: ‘Tenth Planet’ (Space Museum, 1982)
Un groupe de synth wave anglaise oublié sitôt leur unique cassette, « Space Museum », sortie au compte-gouttes sur In Phaze en 1982. Et pourtant…Pour fans de Algebra Suicide, Experimental Products, …avec une sensibilité sci-fi / space age.

28. Sue Ann Harkey: ‘Garret Intregues’ (The Ancient Past and The Ancient Future Are Both Seconds Away, 1989)
Harkey est une multi-instrumentiste de Seattle, cofondatrice au début des années 80 du collectif de musique improvisée Audio Leter (auquel a brièvement participé Don Cherry). Sue (pas le collectif) est toujours en activité après des années dédiées à la guitare harpe, à la 12 cordes et à une collection d’instruments percussifs. ‘Garret Intregues » évoque un Blonde Redhead primitif joué sur maillets.

29. Supreme Dicks: ‘Andy Herman Song’ (Workingman’s Dick, 1994)
La définition de la délicatesse. Vue par le plus-grand-groupe-des-années-90-dont-quasiment-personne-n’a-jamais-entendu-parler-et-que-les-quelques-chanceux-qui-les-ont-aimés-ont-sans-doute-malheureusement-oublié. Boxset rétrospectif en bouclage pour les retardataires. Retour sur scène en 2011 ? Fingers crossed.

30. The Fugs: ‘Morning, Morning’ (Second Album, 1966)
Un hommage à Tuli récemment décédé. Une pépite velvetienne du 2e album des Fugs sur ESP-disk, inspirée par l’actrice Sally Eaton (qu’on retrouve deux ans plus tard dans la comédie « Hair »), et dont Tuli était secrètement amoureux. « I asked Tuli Kupferberg once, « Did you really jump off of The Manhattan Bridge? » « Yeah, » he said, « I really did. » « How come? » I said. « I thought that I had lost the ability to love, » Tuli said. « So, I figured I might as well be dead. So, I went one night to the top of The Manhattan Bridge, & after a few minutes, I jumped off. » « That’s amazing, » I said. « Yeah, » Tuli said, « but nothing happened. I landed in the water, & I wasn’t dead. So I swam ashore, & went home, & took a bath, & went to bed. Nobody even noticed. »

Redhotcar est habitué d’un autre blog. Il m’a envoyé une liste de morceaux des années 2000 regroupés sous l’intitulé « ballades digitales ». Je n’avais jamais pensé à ces années-là sous ce terme, mais je le trouve plutôt sympathique. Je publie ici sa liste de morceaux. Elle en dit un peu sur la polyphonie des noughties, surtout lorsqu’on la confronte aux autres listes déjà publiées ici tout au long de janvier.

squarepusher – my redhotcar (girl)
girls on top (aka richard x) – i wanna dance with numbers
smash tv – confused
luomo – tessio
superpitcher – tomorrow
sirius mo – meine welt
jurgen paape – so weit wie noch nie
france copland – pute & mac
schneider tm – frogtoise
akufen – even white horizons
chloé – i hate dancing
ddamage feat. tekilatex – boyz just wanna have fun
m83 – run into flowers (midnight funk remix by jackson)
soft pink truth – acting crazy
ellen allien – wish
zoot woman – taken it all (todd edwards soul line radio vocal remix)
joakim – teenage kiss
aoki takamasa – see that girl
michael mayer & matias aguayo – slow
daft punk – make love
vegastar – elle blesse (para one remix)
uffie – pop the glock
soundstream – live goes on
the field – a paw in my face
domotic – there may be a tiger
jimmy edgar – turn you inside out
audiogarde – something wrong
daedelus – my beau
tensnake – congolal
nil – comme un printemps
ben klock – ok
gonja sufi – holidaze
tony lionni – found a place

Etienne Menu est un garçon que j’ai rencontré il y a deux ans : il travaille à un étage en dessous de moi, pour le magazine GQ. Il était aussi le tenancier d’un blog assez chouette, il a traduit un livre pour les éditions Allia et vient d’écrire une bande dessinée autour de l’histoire d’un groupe de rock obscur et mythique, inspirée par une multitude de personnages, de musiciens, de légendes. Son livre devrait intéresser tous les lecteurs de ce blog, puisqu’il est nourri par la même chose qui anime, je crois, ceux qui viennent ici ; un appétit pour la musique, pour la bande dessinée. J’ai demandé à Etienne de me faire une liste de ses singles préférés des années 2000 et il m’a livré une liste où il a choisi de ne mettre que du hip-hop. La voici et, évidemment, vos listes et commentaires sont toujours les bienvenus.

SWIZZ BEATZ – IT’S ME BITCHES
JAY-Z /MARIAH CAREY – THINGS THAT YOU DO
DAVID BANNER – PLAY
AMERIE – ONE THING
AMERIE – SOME LIKE IT
CASSIE – ME & YOU
BABY / JADAKISS / CASSIDY / SNOOP – BIGGER BUSINESS
LIL WAYNE – A MILLIE
LIL WAYNE – RAP CITY FREESTYLE (LIVE FROM THE 504)
CAM’RON & DIPSET – OH BOY
CLIPSE / PHARRELL – ME MR TOO
R KELLY – IGNITION REMIX
BEYONCE – DIVA
BEYONCE / SLIM THUG – CHECK UP ON IT
CIARA / LUDACRIS – OH
MIKE JONES / SLIM THUG / PAUL WALL – STILL TIPPIN
KELIS / TOO SHORT – BOSSY
MISSY – LICK SHOTS
JAY-Z – ENCORE
JUELZ SANTANA – S.A.N.T.A.N.A.
BABY / CLIPSE / PHARRELL – WHAT HAPPENED TO THAT BOY
KELIS – MILKSHAKE
KELIS / CLIPSE – MILKSHAKE REMIX
SNOOP – SEXUAL SEDUCTION
SNOOP – I WANNA ROCK
JAY-Z / UGK – BIG PIMPIN
LL COOL J – LUV U BETTER
LUDACRIS – WHAT’S YOUR FANTASY
YING YANG TWINS – WAIT
JUELZ SANTANA – CLOCKWORK

Il y a quelques années, je recevais par la poste une pile de CDR accompagnés par une lettre signé d’un garçon prénommé Laurent et dont le nom de scène est El-G. Ces disques m’avaient impressionné et après avoir croisé El-G deux ou trois fois dans des concerts auxquels nous assistions tous les deux, j’ai continué à m’intéresser à sa musique. Récemment, j’ai acheté deux vinyles sortis sous son nom : Tout ploie, un album de chansons oscillant entre ballades chantées en français et expérimentations mélancoliques en chambre, sorti sur le label KRAAK avec une pochette signée par Jonas Delaborde, et Capitaine Présent 5, un disque monoface constitué de collages de dialogues, de bruits, de drones, qui s’écoute comme l’on entre dans un film, accompagné par des fantômes, des spectres plein les sens. J’ai demandé à El-G sa liste des disques des années 2000 qu’il retient. Il m’a répondu en envoyant cette liste accompagnée par un texte. Je reproduis les deux ici :

Robert Ashley – Celestial excursions

Jim O Rourke – Insignificance

Matt Valentine – Creek to Creation

Costes – Enfant Criminel

Baptist Generals – No silver no gold

Kemialliset Ystävät – Kemialliset Ystävät

Loren connors – In Pittsburgh (réédition, je sais )

Jakob Oklausson – Moonlight Farm

Smegma and Wolf eyes – The Beast

Val Martino and Leslie Kiffer – Prissywillow

Alvarius B – blood operatives of the barium sunset

Major stars – IV

Hijokaidan – Split series vol 1

Solid eye – Blue Ninja Tar In Habitat…

Patrick Lombes – Nuit du 31 décembre

Coil – Music to play in the dark

Steve Roden – Speak no more about the leaves

Smog – a river ain’t too much tolove

Bonnie prince willy – ease down the road

Pharell williams – in my mind

Arab on radar – soak the saddle

Ich bin – Obéis!

AH Kraken – Gianna Michaels

Partkdolg – SeneGambia Recordings

Lazy Magnet – 2nd Box set (2004-2009)

« Ce qu’on inclut dans une rétrospective de disques sur une décennie, ce sont les disques de chevet, ceux qu’on se réserve pour les moments 5 étoiles, pour les messes solitaires ou à plusieurs. Ceux qui ont forgé des amitiés dans le temps et qui restent des sources de discussions, de dispute et d’alcoolémies inépuisables. Ces moments cosmiques où enfumé, livide , extatique vous vous entendez hurler « Mais ouais on a le droit de faire ça? Allo mec hier j’ai entendu un truc de malade! » à l’ecoute d’un disque qui d’une seconde à l’autre repousse vos frontières sensorielles et votre appréhension de la musique des centaines d’années-lumière en avant.

Ces découvertes essentielles vous les faites souvent en groupe et je suis heureux de savoir que depuis ma peureuse et ingrate adolescence , les personnes avec qui j’ai pu partagé ces moments d’euphories ont réussi à se forger une voie véritablement originale et le plus important étant que je ne les ai jamais perdu de vue, ce truc qui a commencé un beau jour des années 90 a perduré et s’est métamorphosé dans le temps car chacun des membres de ce gang officieux a alimenté la machine pour que le truc ne meurt pas.

Qu’il est bon d’être un nerd parfois. Parce qu’on peut arriver à emballer une fille/un garçon en le/la baratinant sur la genèse d’un disque d’Henry Flynt ou de Michael Yonkers. Et ça c’est fort. Je connais un type qui a réussi à coucher avec Scarlett Johanson en lui parlant juste, toute une nuit durant, de Harsch-noise wall ( Faut dire aussi qu’elle avait le coffret cassette de Vomir).

Les années 2000, si c’est une décennie, pour les gens de mon âge, alors ( bien qu’on se réinvente tous les jours ) c’est celle dans laquelle on a grandit et à travers laquelle on s’est construit, comme un amalgame de confettis débiles, de fonds de poubelle, de miettes de personnalités et d’histoires diverses, de « ouï dire », de collage de tout et de rien. Avoir un accès internnautique à l’histoire de la musique aussi fainéant et aussi rapide c’est excitant mais c’est aussi une source de névrose sans fin. Comment appréhender les mouvements, les esthétiques quand tout vous arrive dans la tête en un seul gros bloc pré mâché? ( Erik Satie —> Whitehouse —> Avril Lavigne ) C’est une source de facilité mais c’est aussi une source de questionnement et donc de travail sur soi: « Et moi je fais quoi la dedans ?». Ce qui libère de grosses vagues de doutes implacables , de sentiment d’isolement et parfois cette sensation de faire partie d’un tout étrange et captivant mais qu’on ne peut pas nommer.

Les années 2000 resteront peut être un pâté monstrueux de toutes le facettes de l’être humain, un résumé impitoyable de bêtise et de fulgurances en tout genre, de relectures du passé ultra faussées, un condensé des visage les plus bêtes, vaniteux et limités aux éclairs de beauté, de cross-over en tous genres,de génies marquants, aux poches d’air encore vivables et autres micros combats et micro inventions distillées en sous-communautés, tribus et autres sous-gangs de plus en plus fractaux.

Je pense que l’adage de mon ami LBB (je ne sais pas si c’est de lui mais il le cite souvent) « Enregistrons tout, le temps triera » n’a jamais été aussi juste que pour cette décennie passée. Un job à plein temps qui payera bien dans le futur: restaurateur et archiviste de musique sortie sur cd-r.

Curieux de voir ce que 2010 nous réserve. Tant que sur Youtube je pourrais voir des emo-punks de 14 ans pisser dans des poubelles avec des chats dedans, je me sentirais OK. Ils ne connaissent pas Marcel Duchamp, pour eux le passé c’est le matin même alors ça peut amener des choses curieuses.

La fameuse ritournelle qui veut que « tout a déjà été fait » m’a toujours semblé crétine. Comme si cette décennie de part ses têtes de files attardées voulaient inconsciemment que le temps s’arrête et que notre monde touche à sa fin. Les années 2000 c’est « Ouais ok bon rien à battre, c’est la fin du monde, passe moi la Kéta »
Comme si on était de pâles copies de mondes passés qui eux, savaient inventer leur propre temps, leur propre histoire . On est surement devenu une sorte de chiasse hybride au regard d’autres époques mais bon, cette chiasse hybride est quelque part fascinante. Des peuplades extraterrestres venues de mondes lointains abattraient un boulot d’analyse hallucinant pour comprendre ce gros tas difforme: « Hey regardez! sur internet ils y avait des sites de fétichistes de mangeuses de crotte de nez en ivoire! » Et puis les filles n’ont jamais été aussi sexy et bien habillées qu’aujourd’hui. Le Revival Boots, ça tabasse.

Mais si on voit les choses en 3d, tout le monde sait qu’on peut toujours faire pipi plus loin ou alors mieux, faire pipi à côté, ce que certaines personnes font très bien, c’est déjà pas mal. »

Difficile de faire une liste des disques qui resteront des 10 dernières années. Mais voilà une tentative, sans vraiment d’ordre.
N’hésitez pas à poster vos listes des années 2000 ici. Bonne année.

Burial – Untrue
Earth – Hex
Bill Orcutt – New Way to Pay Old Debts
Bardo Pond – 4.03.06 Live in Philadelphia
Autechre – Confield
Sunn – Domkirke
Silver Mt Zion – He has left us alone
Prefuse 73 – Vocal Studies & Uprock Narratives
Cannibal Ox – The Cold Vein
Boards of Canada – In a beautiful place out in the country
Omar S – Just Ask The Lonely
Expo 70 – Black Ohms
Hototogisu – Floating Japanese Oof! Gardens of the 21st Century
Jim O’Rourke – The Visitor
Theo Parrish – Sound Sculptures vol1
Shackleton – Blood on my hands (villalobos mix)
Ricardo Villalobos – Enfants
Kode9 – Memories of the future
Eleh – Retreat / Return
Clouddead – s/t
Pocahaunted – Passage
Sun Araw – Beach Head
Gregg Kowalsky – Tendrils in Vigne
Matmos – Civil war
Leyland Kirby – sadly the future is no longer what it was
Om – Variations on a Theme
Broadcast – Tender Buttons
MV & EE – Gettin’ Gone
William Basinski – The River
Coil – ANS box
Nurse With Wound – Soundpooling
Jandek – Glasgow Sunday 2005
Animal Collective – Feels
Panda Bear – Person Pitch
Wolf Eyes – Dead Hills
Demons – Invisible Darkness
Blut Aus Nord – Thematic Emanation of Archetypal Multiplicity
Corrupted – El Mundo Frio
Oren Ambarchi – Triste
Fennesz – Endless Summer
Pan Sonic – Aaltopiiru
Kevin Drumm – Imperial Distortion / Imperial Horizon
Emeralds – Solar Bridge
Six Organs of Admittance – Dark Noontide
Magik Markers – And Baby I’m No King
Deepchord presents Echospace – The Coldest Season
Alva Noto & Ryuichi Sakamoto – Vrioon
Jesu – s/t
Snd – 4,5,6
Espers – II
Philip Jeck – Stoke
The North Sea & Rameses III – Night of the Ankou
Jack Rose – Kensington Blues
William Fowler Collins – Perdition Hill Radio
Barn Owl – From Our Mouths
Ducktails – s/t
Radiohead – Kid A
Sonic Youth – Rather Ripped
Rapture – Olio
LCD Soundsystem – 45:33

J’ai connu Jérôme dans les années 80, à l’époque où il tenait la boutique Danceteria. Ensuite, il a ouvert le magasin Rough Trade, s’est occupé du distributeur Chronowax, a fait quelques années chez Pias et s’occupe maintenant de la rédaction en chef du site Fairtilizer. C’est peu dire qu’il a beaucoup contribué à me faire découvrir des disques et des groupes devenus essentiels pour moi au fil des années. Je lui ai demandé son top des années 2000. Il a mis les disques qui l’ont vraiment marqué, en s’abstenant d’y glisser des disques de 2009, par manque de recul. Voici sa liste :

Ryan Adams – Gold (Lost Highway)
Antony & The Johnsons – I Am A Bird Now (Secretly Canadian)
Aphex Twin & Chris Cunningham – Rubber Johnny (Warp Films)
Autechre – Confield (Warp)
Devendra Banhart – Oh Me Oh My…The Way The Day Goes By The Sun Is Setting Dogs Are Dreaming Lovesongs Of The Christmas Spirit (Young God)
Björk – Medùlla (One Little Indian)
Blut Aus Nord – The Work Which Transforms God (Appease Me)
Bright Eyes – Lifted Or The Story Is In The Soil, Keep Your Ear To The Ground (Saddle Creek)
Burial – Burial (Hyperdub)
Coil – The Ape Of Naples (Threshold)
Converge – Jane Doe (Equal Vision)
Eddy Current Suppression Ring – Primary Colors (Goner)
Einstürzende Neubauten – Silence Is Sexy (Mute)
Factory Floor – Planning Application (One Of One)
The Girls – The Girls (Dirtnap)
Ildjarn – Forest Poetry (Monstrous Star Records)
LCD Soundsystem – 45:33 (DFA)
Liars – Drum’s Not Dead (Mute)
Nachtmystium – Reign Of The Malicious (Asgard Musik)
Naked City – The Complete Recordings (Tzadik)
Pan Sonic – Katodivaihe (Blast First Petite)
Charley Patton – Screamin’ And Hollerin’ The Blues (Revenant)
San Agustin – The Expanding Sea (Table Of The Elements)
Sonic Youth – NYC Ghosts & Flowers (Geffen)
The Spits – The Spits (Dirtnap)
SunnO))) – Black One (Southern Lord)
Tool – Lateralus (Volcano)
Toxic Holocaust – Toxic Thrash Metal (Iron Fist Komando)

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