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La Ferme du buisson organise une nuit de performances, concerts, spectacles, autour de la bande dessinée. Plusieurs auteurs sont invités, comme Dupuy & Berberian, Ruppet & Mulot, François Olislaeger, Loo Hui-Phang, etc. J’y serai aussi avec Blutch pour un projet autour de Sun Ra : je proposerai une sélection extensive de morceaux de Sun Ra, couvrant une grande partie de sa carrière et Blutch dessinera, sans doute par intermittences, durant ce set qui devrait sans doute prendre son temps. Et lorsqu’il ne dessinera pas, il y a aura d’autres choses à voir… Au même programme, il y a aussi un DJ set de Rubin Steiner et un concert de Charles Berberian et J-C Denis.


Les deux disques que j’écoute le plus en ce moment sont les deux ci-dessus. Le premier est l’album Oleva de Mika Vainio, qui contient une inattendue reprise électronique et instrumentale d’un de mes morceaux favoris, Set The Controls For The Heart of the Sun de Pink Floyd. Tout l’album est empli d’un air légèrement mélancolique, attristé et stellaire à la fois, enrobé dans des tapisseries minimales, riches en textures amères, en strates émaciées. Plus enclin à diffuser une chaleur immédiate, le nouveau disque du label Sublime Frequencies est un enregistrement, en vinyle, de Group Bombino : Guitars From Agadez, vol.2. Une face de morceaux d’archives (sans doute tirés de cassettes), une autre enregistrée en concert. Tout y est récent, mais sonne intemporel. Et là où je m’attendais à des déflagrations noise, brutales et agressives, il y a tout à fait autre chose. Un autre chose plus serein, plus immédiatement plaisant et hypnotique, entraînant et compulsif. Cette musique-là n’est pas une musique du désert ou du Niger, elle est le fait d’une bande de musiciens qui ne visent rien d’autre que les étoiles et atteignent directement le coeur du soleil.

Theo Parrish, sound sculptures vol.1
Salem, Yes I smoke Crack
Theo Parrish, Going Downstairs 12inch
James Ferraro, CDR
King Midas Sound, Cool Out
Expo 70, Black Ohms
Geiom, Reminissin’
John Wiese, Dramatic Accessories
Lawrence English, Kiri No Oto
Skull Disco, Soundboy’s Gravestone Gets Desecrated By Vandals
Fennesz, Black Sea
Kevin Drumm, Imperial Distortion
Intrusion, Tswana Dub
Model 500, Starlight (Intrusion Extended dub)
Living is Hard, West African Music in London
Gregg Kowalski, Tendrils on Vigne
Give me love, songs of the brokenhearted, Baghdad
Ben Nash, Seventh Goodbye
KTL, Paris Demos
Rameses III, Basilica
Washington Phillips, What Are they doing in Heaven today ?
Peverelist, Roll with The Punches
J Spaceman & Sun City Girls, Mister Lonely
DIRTY Edits 2
New Old, Warm Leatherette / Couscous Boulettium
Earth, The Bees made honey in the lion’s skull
Quiet Village, Silent Movie
Erykah Badu, New Amerykah
Quantec, Unusual Signal
Portishead, 3
SND, 4 5 6
Autechre, Quaristice
Fuck Buttons, Street Horrrsing
1970’s Algerian Proto-Rai Underground
Wolf Parade, A ritual
Sunn O))), Domkirke
Kluster, Vulcano & Admira
Hot Chip, Made in the Dark
Daniel Menche, Body Melt
Alexis Taylor, rubbed out
Ricardo Villalobos, Enfants (Chants)
Echospace, Spatial Dimension (CV313 reduction)
Fleet Foxes, Blue Ridge Mountains & Oliver James
Final, Fade Apart & Afar
Dennis Wilson, Pacific Ocean Blue
Analog Africa, African Scream Contest
Matmos, Supreme Balloon & Live at the end of humanity
Gang Gang Dance, Saint Dymphna
Mentions spéciales : Scum Yr Earth + Skaters live @ Chiquito + Black Sabbath (Planet Caravan) & Don Cherry sur Slow To Speak + Yousendit















Schizophrenia – Sonic Youth
Cotton crown – Sonic Youth
Wichita Lineman – Glen Campbell
Late September in May – Native
Reminissin’ – Geiom
Don’t Ask Why – My Bloody Valentine
Roll With The Punches – Peverelist
Samurai – Kode 9
Abraham, Martin & John – Dion
If You see her say hello – Bob Dylan
Crying in my sleep – Art Garfunkel
I’m not moving (Idjut Boys edit) – Phil Collins
Aberdeen – Felicia Atkinson & Sylvain Chauveau
Blue Ridge Mountains – Fleet Foxes
Liquid Reflective (Kling Klang) – Main
Oliver James – Fleet Foxes
Call it a ritual – Wolf Parade
La saison des pluies – Gainsbourg
Angel – Sonic Boom




Pas facile de trouver des choses à écouter, qui restent auprès de soi ces jours-ci. Mais, par un heureux coup du hasard, quelques disques glanés dans un bac de soldes, en état un peu piteux mais plutôt écoutables, restent bien ancrés sur la platine. D’abord, il y a l’album sur Saravah de Nana Vasconcelos, Nelson Angelo et Novelli , acheté presque sur la seule foi de la pochette dessinée par Folon. On y entend une musique assez brute, répétitive, parfois chantée, souvent comme cramée par un peu trop de soleil – une musique d’un été qui passe lentement, presque imprudemment. Dans le même bac, il y avait d’autres disques, dont un album de musique iranienne sorti sur Folkways. Il est beau et minimal, de la musique arabe sans le pathos, tout désossée, arrimée à des échos d’elle-même, des fragments de cordes, des voix dissimulées dans leur propre tristesse.
Sorti d’ailleurs, pas de ce bac à soldes où il y avait pas mal d’autres choses à écouter pour plus tard,
l’album de Sun Ra, Disco 3000 revient dans mes oreilles, plus de dix ans après la première écoute et il demeure toujours aussi inouï. Enregistré en petite formation vers 1978 en Italie, il est assez singulier dans la discographie de Sun Ra : tout à la fois électronique, porté par un orgue synthétique, une boîte à rythmes salis, et acoustique, porté par des cuivres cosmiques, des voix surgissant soudain, Disco 3000 est une inlassable tournerie, un hypnotisme physique, un moment de bénédiction en apesanteur, qui fait sentir la moindre veine de n’importe quel corps, même le plus fatigué, le plus dérapé.
Enfin, un mois après sa sortie, je n’arrête plus de remettre n’importe laquelle des six faces du nouvel album de Vibert / Simmonds, le deuxième après un premiers, Weirs, sorti il y a quinze ans. Le nouveau, Rodulate, ne dit pas quand il a été composé : aujourd’hui, hier, demain ? Tout y est sorti d’un rêve électronique, un peu bâti sur des rythmes, un peu porté par des nappes, souvent habité par des voix cassées, coupées, flagellées. Christian, qui m’en parlait l’autre jour, disait qu’il y avait là une sorte de gamelan moderne, je crois, et il avait raison. Rodulate, c’est un peu Bali remise en musique par des types qui fument sans doute beaucoup de joints en oscillant de la tête au-dessus de leurs machines. C’est juste un bon disque, un bon disque pour ce milieu d’été.











