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Pocahaunted jouera à Paris avec Sun Araw et Andy Roche, le 26 juin, aux Voûtes.

Difficile de faire l’impasse sur ce qui s’annonce comme l’exposition la plus percutante de l’année, attendue depuis une décennie ou plus, ou en tout cas depuis que l’on a appris que les Picasso (Loulou et Kiki) retravaillaient et que leurs travaux actuels étaient un pont jeté vers certaines oeuvres toujours vives des années 70 tout en étant tout ancrées dans la réalité de la fin des années 2000 : réalité politique et sociale, réalité esthétique aussi. Leur Engin Explosif Improvisé se décline ainsi en une exposition et un livre du même titre, édité par l’Association avec une maquette d’Etienne Robial – ce livre-là, on l’attend avec plus de ferveur encore et de fièvre que la Bible de Crumb, qui, dit-on, sera pré publiée dans Télérama cet été. Les Picasso, eux, n’ont pas besoin de prépublication : ils ont tant infesté les journaux comme Libération vers la fin des seventies, que leur influence est tacite, souterraine, implicite, freudienne presque. Leur retour est un événement, un moment, peut-être la fin d’une parenthèse ou le début d’autre chose. Et le fait qu’ils reviennent avec un livre entièrement consacré à des questions politiques, notamment la précarité, met en exergue la similitude des époques ou en tout cas la même urgence et la même nécessité de changement qui devait exister dans la France d’il y 30 ans et celle d’aujourd’hui. Leur livre trouve aussi une résonance sur un site qu’ils consacrent aux mêmes questions. Ils m’ont accordé une interview par mail : dès l’arrivée de leur réponse, je la publierai sur www.menstyle.fr et donnerai le lien ici.
> vernissage le jeudi 4 juin 2009 de 16h à 21h
> exposition du 5 au 20 juin 2009 > lundi au samedi 14h-20h
> espace éof – 15, rue saint fiacre 75002 paris
> métro : grands boulevards > infos > effi + laurent > 06 22 85 35 86
Premier voyage à Londres, vers 1987 ou 1988, et revenu le sac chargé de disques dont celui-ci, acheté dans un magasin de Camden Town, et pas mal d’albums sur El Records… Ensuite, acheté tous les 45 tours de Sarah Records et fait le barman au festival Sarah au New Morning : qui y était ?




Je ne sais dire à quel point le travail de Loulou et Kiki Picasso est marquant, déterminant, revigorant. Issu des années 70, du moment punk, des pages de Libé et quelques autres journaux assez fous (au sens visionnaires) pour les accueillir, ce travail continue à invectiver le monde. Et leurs images vivent encore, nouvelles, sur internet : on les trouve là : http://www.unregardmoderne.com/ ou là : http://undreground.canalblog.com/
Plus tard cette année, l’Association devrait sortir un volume de leurs travaux actuels, accompagné par une exposition mise au point par Arts Factory. Hâte de voir ça.
Voilà, parfois certains livres vous tombent des mains directement tandis que d’autres vous attrapent par le col et vous mènent ailleurs, interrogent ce qui vous émerveille et ce que vous pourriez en faire. Depuis 3 ou 4 ans qu’il le trimballe comme un objet avec lequel on ne peut s’empêcher de jouer tout au long d’une période, je vois Charles construire ce beau Sacha épais comme un sentiment qui refuse de sortir. J’en avais lu une partie (la première, je crois) mais pas le reste, pas la troisième et dernière partie, dans laquelle il a mis beaucoup de choses dont je l’ai entendu parler l’an dernier, par exemple la musique concrète. Mais ce n’est là qu’une anecdote sans grand intérêt. Ce qui est passionnant dans ce livre, c’est l’entière liberté dans la laquelle il se déploie, le chemin qu’il emprunte, absolument pas balisé, et la manière assez élégante qu’il a de mêler Walt Disney et Robert Crumb , Moebius et Pierre Schaeffer – autant de pistes qui sont surtout miennes et pas du tout explicites ainsi dans le livre qui laisse une flopée de portes ouvertes, de chemins à emprunter. Liberté, donc, dans sa narration en trois parties et, surtout, dans le dessin, qui donne l’impression d’être de plus en plus organique, vivant quasiment tout seul et répondant en cela à la même enivrante liberté qui dominait le Hanté de Philippe Dupuy. J’écris tout cela, mais je pourrais ne rien écrire, on pourrait me croire complice, vendu, ou bêtement fidèle. Mais tant pis pour les mauvaises langues : un bon livre est une chose si rare qu’aucune raison n’est suffisante pour ne pas en parler, pour ne pas écrire à son propos et inviter à le lire. Voilà, invitation lancée : Sacha est là pour être lu.






