You are currently browsing the tag archive for the 'beyrouth' tag.

Les Scrambled Eggs sont un groupe de Beyrouth, un peu les Sonic Youth de Gemmayzé (une rue de la ville), et ce sont mes potes. Mais ça fait au moins un an que je ne les ai pas revus. J’ai eu de leurs nouvelles par l’intermédiaire du film Je Veux Voir, de Khalil Joreige et Joana Hadjithomas, avec Catherine Deneuve. Accolé à deux secondes de ma musique, au bout du film, il y a leur morceau Let It Go, qui est un condensé de ce que j’aime le plus en rock, en pop, en énergie flagrante et massive. Charbel, le chanteur et guitariste, y chante mieux que jamais - à moins que ce ne soit moins bien que jamais : dans l’un ou l’autre cas, il reste saisissant de vérité et cette chanson est irrésistible.

http://www.myspace.com/scrambledeggslebanon

Un extrait d’un article de Robert Fisk lu sur le site de The Independent.

Robert Fisk: Gun battles as Hizbollah claims Lebanon is at war

Friday, 9 May 2008

(…)

It was a dark and distressing speech by the secretary general of Hizbollah, which came less than 24 hours after the Grand Mufti, Mohammed Kabbani, furiously referred to the Hizbollah as “armed gangs of outlaws that have carried out the ugliest attacks against the citizens and their safety”. Needless to say, neither Nasrallah nor Kabbani stated the obvious – that the first represents a large number of the Shia Muslim community and the second most of the Sunnis.

The sectarian background to this dangerous game is the point, of course. The street battles in Beirut are between Shia and Sunni, the first supporting the Iranian-armed Hizbollah, the second the Lebanese government, which now regularly carries the sobriquet “American-backed”. In other words, the collapse of Beirut these past two days is part of the American-Iranian conflict – even though, be sure, the Americans will blame the Hizbollah for this and the Iranians will blame the Americans.

(…)

All of which continues Lebanon’s crisis. Beirut airport remained largely empty of aircraft yesterday – the Christian daily L’Orient Le Jour rightly suggested that it had been taken hostage by Hizbollah, who control all roads to the terminal – and there were brief gun battles between government and opposition supporters in the Bekaa Valley town of Saadnayel. Yet again, burning tyres were set up in areas demarcating Shia and Sunni districts, and the army closed the Corniche Mazraa highway, which divides west Beirut. By last night it was the scene of a gun battle. Kuwait urged its citizens to leave Lebanon – without being obliging enough to tell them exactly how to perform this task without an airport.

Pour avoir des nouvelles, j’appelle mes parents. A Beyrouth, ils ont plusieurs téléphones. Mais il leur arrive de ne pas répondre, parfois. Ce matin, ils ne répondaient pas et j’ai compris, vite, pourquoi j’avais si mal au ventre, si peu dormi. Mon coeur bat très vite en ce moment, comme s’il se battait pour dégorger quelque chose de coincé.

Je vais voir le blog de Mazen Kerbaj et ses dessins qui nous avaient donné des nouvelles quotidiennes il y a deux ans pendant la guerre entre Israël et le Hezbollah. Je regarde aussi Libération.fr qui a déjà consacré plusieurs sujets au Liban, aujourd’hui. Je n’en trouve pas d’autres ailleurs et même s’ils m’attristent, s’ils sont durs à lire, si j’ai envie d’y lire autre chose, je ne vais pas vraiment chercher ailleurs. Je me souviens d’un coup, de la guerre il y a deux ans et de ce qu’on avait tenté d’écrire dans les Inrocks. Je n’y suis plus, et je ne sais plus où écrire sur Beyrouth, sinon ici.

Ce qui me déroute, ce sont les images d’armes dans Beyrouth. La dernière fois, il y a deux ans, la guerre était quasiment hors de la ville. Mais cette fois-ci, tout cela se passe à côté de chez moi. Et le plus troublant, comme d’habitude, c’est de ne pas y être tout en étant replongé dans la familiarité des événements, comme si ces armes et ces cagoules avaient toujours appartenu à ces rues.

Un sms à ma mère, qui me répond : “ça va… un peu de tirs au loin… biz” qui ne peut que me rappeler sa phrase d’il y a deux ans “on a entendu quelques coups au loin”, après la guerre.

Philippe répond ce mot : “tétanisé”. Je ne sais presque pas lui répondre. Khalil au téléphone a l’air aussi perdu que moi. “Qu’est-ce qu’on fait ?”. Sandra dit “ça peut aller”.

Je n’ai rien à dire, rien à commenter, plus rien à partager.