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Tout en noir et blanc, le dernier numéro de Rouge Gorge (mais un autre est prévu en janvier) fascine par ses aspérités, sa façon de condenser ses dessins dans une même matière, comme s’ils étaient réinventés par la machine en train de les imprimer. Comme un beau négatif de Frédéric Magazine ou Nazi Knife, mais avec des personnalités et forces d’évocation semblables, et presque plus pop.
Gary Panter, Gary Panter
Serge Clerc, Le Journal
Frédéric Ciriez, Des néons sous la mer
Pierre Maurel, 3 déclinaisons
Ron Regé, Against Pain
William T. Vollmann, Pourquoi êtes-vous pauvres ?
Nazi Knife 5
William Langewiesche, La conduite de la guerre
Blutch, le Petit Christian 2
Marti, Taxista
Shoboshobo, Un bonnet d’abeilles
Menu, Lock Groove Comix 1
Posy Simmonds, Tamara Drewe
Blutch, Vitesse Moderne (édition complétée)
Blake Bell, Strange and Stranger, the World of Steve Ditko
Charles Burns, Permagel
Frédéric Magazine vs Bon Goût
John Pham, Sublife
Hendrik Hegray, Pregnant Bitch & Lucifer Rising
Denis Johnson, Arbre de fumée
Kerozen, Geometric Pollution
José Maria Gonzales, Landscape
Mathias Enard, Zone
Jonas Delaborde, Zodiac Grind
John Porcellino, Thoreau at Walden
Frédéric Poincelet, Poésie
Mathieu Sapin, Salade de Fluits
Blutch, La Beauté
Frédéric Fleury, capable du pire
Bastien Vivès, le goût du chlore
C.F., Powr Mastrs
Yoshihiro Tatsumi, l’Enfer
Fabienne Swiatly, Boire
Pierre la Police & Julien Carreyn, Les demoiselles de Vienne
Andres Ramirez
Sammy Stein, Claquettes & dancemusic
Harukawa Namio, Callipyge
Art Spiegelman, Breakdowns
Winshluss, Pinocchio
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Mention spéciale : Sumimasen d’Isabelle Boinot, à paraitre en 2009.








Le livre d’où sont tirées ces images s’intitule Monstres et il vient d’être publié, en sérigraphie, par le Dernier Cri. 200 exemplaires seulement. Ce qui est peu pour un américain de la trempe de Mat Brinkman : son univers peuplé de monstre est idéal pour les livres remplis de feedaback colorés du Dernier Cri, tout en plis, comme en rhizomes même. Livre de l’année ? En tout cas, livre de dessins de l’été, forcément caniculaire.


Depuis que j’ai découvert son premier CD l’an dernier à Marseille, sous une pochette sérigraphiée par le Dernier Cri, je guette les tentatives discographiques de Bex. Et là, je suis très heureux de découvrir que son nouveau disque, tout en bruits et en fureurs lentes, est enveloppé du plus bel écrin : un livre de ses dessins sérigraphiés, édité à 200 exemplaires et trouvé en même temps que celui, encore plus éblouissant, de Mat Brinkman. Il y a là comme une parenté dans la monstruosité, les mutations, les dessins devenus comme radioactifs – je reparlerai de celui de Brinkman dans un prochain post. En attendant, la musique de Bex est
un idéal négatif pour la saison : tout en boucles de guitares, oraisons rauques, échos distants, instincts caverneux. Installé à Marseille (tout comme l’excellent shoegazer Alcest est situé quelque part vers Avignon je crois), Bex donne envie, tout comme le Dernier Cri, de retourner se frotter à cette ville, tout contre, tout contre.

Et je recommande d’aller voir l’exposition que lui consacre la fondation Cartier-Bresson à Paris, dans le quartier de Montparnasse. On y voit l’évolution de ce dessinateur remarquable, son attention aux détails, aux textures, aux matières, son sens parcimonieux du détail, de l’expression comme instinctive. Le plus beau, là-dedans, c’est sa manière de représenter la vie sous des instincts de caricaturiste : on ne fait pas mieux, question dessin vivant.









Recueil (augmenté) de fanzines publiées il y a quelques années, Poésie est édité par l’excellente maison La Cinquième Couche. Ici, pas de narration, mais un travail sur la représentation du réel. Ou plutôt les prémices, chronologiques, du travail récent de Frédéric Poincelet qui s’attache à ancrer son dessin dans une réalité de plus en plus concrète, mais aussi très étrangement détachée du réel, puisque ses dessins ne reproduisent souvent que des bribes de contexte ou de lieu – des indices épars plutôt qu’une accumulation de détails. Je n’irai pas plus loin, puisqu’en ayant appris à le connaître, je ne saurais en dire plus. Il suffit de regarder les dessins de Poésie, qui forment à eux seuls, de manière presque inconsciente, une sorte de méta narration, construite par accumulation d’images finissant par former une impression d’histoire flottante.

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