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Deux remixes en ce moment, me fascinent : celui de Shackleton, très dense et vertigineux, pour Villalobos - une merveille. L’autre est fait par rustie, pour Pivot, nouvelle signature rock de Warp, mais qui joue comme s’il s’agissait d’un Autechre noisy. Le maxi de Martyn est assez beau aussi. Mais, cette semaine, je suis conquis par des disques plus vieux, des rééditions : le Tamper de Jim O’Rourke, longtemps épuisé, qui ressort sous une pochette minimaliste. Le contenu est drone, viscéral, très prenant. Le Dance Hall Showcase II de Sugar Minott : une vraie merveille, qui mixe versions chantées et dub. Chaque disque de Minott est une merveille et celui-ci, qui date de 1982 est un des plus attirants, immédiatement séduisant, richement arrangé. Il y a aussi le CD qui réédite les versions du morceau Vantage isle de Deepchord, parfait pour se laisser entraîner sur une pente vaguement groggy. je ne dévoile pas encore tout le reste, mais la compilation Living is Hard, entendue par hasard dans un magasin à Berlin (Hardwax - pas spécialement le lieu où je pensais tomber sur ça) est sublime, emplie d’une étrange mélancolie, d’un sentiment ineffaçable de douleur contrite, de chant sans lendemain.
burial dj-kicks
Always a good time for some Burial news. !K7 Records has announced that the enigmatic dubstep producer is up next in their generally stellar DJ-Kicks series. According to the label: “We hear whisperings from the studio that he may treat his dearest dubstep, techno and even r’n'b tracks with his unique production style before mixing them with exclusive material…” Should be absolutely huge. Burial’s DJ-Kicks installment drops June 23 (July 8 in the U.S.).

Un autre maxi pour la journée, produit par Peverelist, petit maître du dubstep en voie de devenir grand. Deux morceaux sur ce vinyle, qui résonnent comme un lien entre le dub et la techno lente, comme si quelqu’un réinventait d’un coup Massive Attack. Peverelist est de Bristol, il fume sans doute pas mal de gros joints et sa musique est simplement entêtante, enivrante. Idéale pour ce printemps qui n’arrive pas, et le sommeil qui se fait rare. On peut trouver un mix de lui par ici :
http://www.dqxt.org/dubwar/

Tant qu’il est encore en ligne, il faut écouter ce mix, fait par DST et offert par l’excellent label Skull Disco. Une heure de palpitations engourdissantes.
http://www.skulldisco.com/freedownloads/SKULLDISCO.COM_DST-MIX_NOV2007_64K.mp3

L’an dernier, le label Skull Disco avait sorti quelques pépites aux frontières du dubstep, compilées sur un double CD, toujours d’actualité. Dans le lot, il y avait un incroyable maxi remixé par Ricardo Villalobos, Blood On My Hands, qui transformait lemorceau original (signé Shackleton) en une longue odyssée très apocalyptique, avec un sample vocal étonnant qui disait l’abrutissement de quelqu’un regardant des tours s’effondrer - celles de Babel ou celles des Twin Towers, on ne sait plus vraiment.
L e nouveau maxi du label est une autre collaboration, entre Shackleton, Vengeance Tenfold (inconnu par ici) et le producteur allemand T++ (qui remixe une face). Son titre, Death is not final, renvoie lui aussi à une vision dantesque, ou plutô, proche de Jérôme Bosch, de ses tableaux chargés de ciel et d’enfer, de créatures grouillantes dans tous les sens. Et la pochette, déjà, témoigne de cela : un croisement entre Bosch et Gary Panter, entre les fantasmagories de la Renaissance et les dessins punk. Drôle de programme, qui est magnifié par le disque. Deux morceaux aux aspérités orientales et lentes, emplies de basses démesurées, de rythmes aux limites de la danse, d’échos sombres, qui se répercutent d’abord au plus creux du ventre, là où il fait faim et peur en même temps. Que dire de ce disque ? Il pourrait passer inaperçu, il parait qu’il est déjà épuisé. Il possède en tout cas une volupté effrayante, une dynamique propre, qui me fait le remettre inlassablement sur la platine et attendre avec anxiété ce moment où apparait le sample vocal qui dit : “death is not final” - non, la mort n’est pas tout, mais on va quand même s’habiller en noir pour sortir ce soir.
