You are currently browsing the tag archive for the ‘Frédéric Magazine’ tag.
L’expo consacrée au troisième numéro de de Frédéric Magazine vient de s’ouvrir. On y voit la matière du livre, mise en scène et orchestrée comme pour disloquer, démembrer, déconstruire le livre même : ici, on se promène dans les dessins, entre les traces du livre plutôt que dans le livre lui-même et l’on se frotte à quelques-uns des dessinateurs les plus intéressants des années récentes, de Blutch à Mat Brinkman – un horizon très vaste. Et surtout, on peut y acheter le livre qui est sans doute le plus impressionnant de tous ceux sortis par cette petite bande (on compte 3 numéros de FM et deux catalogues d’exposition).
Là où le premier FM était une sorte de condensé brut (évoquant en cela d’autres tentatives du genre, comme Nazi Knife), celui-ci est une construction quasi architecturale. Là où le second réservait toute la place et les formes aux seuls 5 membres du collectif, ce numéro 3 ouvre des perspectives vers d’autres dessinateurs mais tous mis en relation avec l’un des dessinateurs originels de FM. Une organisation quasi géologique, et qui en elle-même la question centrale de ce nouveau volume, au-delà du thème fantôme donné à l’ensemble des dessinateurs comme piste de travail (mais non dévoilé dans le livre publié, histoire de brouiller les pistes – ou de les laisser ouvertes ?). Une organisation en cinq temps, cinq territoires qui se répondent, se traversent parfois, s’invectiveraient presque, et dans lesquels on décèle une multiplicité de mises en réseaux. On est là, dans une section donnée, dans des échos de bande dessinée dont on se détache progressivement (la présence de Blutch n’est pas fortuite et donne un indice quant aux déplacements opérés ici). Ailleurs, on se retrouve pratiquement dans un renouveau de matières : Isabelle Boinot, par exemple, ne dessine plus avec des crayons mais tricote ses personnages sur du tissu. Le déplacement est là, le dépliage aussi, entre les dessins, les matières, les couleurs, les dessinateurs. Comme une succession de strates s’appelant les unes les autres. Autant le premier FM était un livre de jeunes punks du dessin, donnant à lire des narrations subliminales et jetées presque violemment, autant celui-ci est autre chose : un livre de dessins, comme on dirait un livre de photos, qui est un agencement extrêmement pensé, conçu non plus pour raconter des histoires imaginaires en repensant l’idée même du dessin, mais pour refléter un monde de plaques : celles de la tectonique, celles de la sclérose, mêlées. On est ici au-delà du dessin, dans un projet quasiment politique de mise à nu des perceptions et de l’emmêlement quasi psychédélique des visions. Il y a de la poésie et de la précision, de l’humour et de l’implosion dans ce FM3 assez grandiose, plus encore que prévu, surtout dans sa forme imprimée.
Pour la sortie du troisième numéro de Frédéric Magazine, l’espace Beaurepaire accueille une exposition (organisée par la galerie itinérante Arts Factory) qui présente la matière de ce nouvel ouvrage, présentée différemment : comme un regard oblique sur ce qui compose un livre, sur la manière de montrer un dessin, imprimé ou accroché. Explications et interview par ici.
Du 10 au 28 mars, l’espace Beaurepaire (rue Beaurepaire à Paris) accueillera, sous l’égide de la galerie itinérante Arts Factory, une exposition autour du troisième numéro de Frédéric Magazine. Un numéro tout alléchant puisqu’en plus des 5 fondateurs (Poincelet, Fleury, Boinot, Pidoux, Prigent), on y verra des invités : 19 au total, dont Shoboshobo, Mat Brinkman (un totem personnel) et Blutch. Hâte de voir le livre (plus de 200 pages) et l’expo, qui pourrait bien être historique, déjà.
Gary Panter, Gary Panter
Serge Clerc, Le Journal
Frédéric Ciriez, Des néons sous la mer
Pierre Maurel, 3 déclinaisons
Ron Regé, Against Pain
William T. Vollmann, Pourquoi êtes-vous pauvres ?
Nazi Knife 5
William Langewiesche, La conduite de la guerre
Blutch, le Petit Christian 2
Marti, Taxista
Shoboshobo, Un bonnet d’abeilles
Menu, Lock Groove Comix 1
Posy Simmonds, Tamara Drewe
Blutch, Vitesse Moderne (édition complétée)
Blake Bell, Strange and Stranger, the World of Steve Ditko
Charles Burns, Permagel
Frédéric Magazine vs Bon Goût
John Pham, Sublife
Hendrik Hegray, Pregnant Bitch & Lucifer Rising
Denis Johnson, Arbre de fumée
Kerozen, Geometric Pollution
José Maria Gonzales, Landscape
Mathias Enard, Zone
Jonas Delaborde, Zodiac Grind
John Porcellino, Thoreau at Walden
Frédéric Poincelet, Poésie
Mathieu Sapin, Salade de Fluits
Blutch, La Beauté
Frédéric Fleury, capable du pire
Bastien Vivès, le goût du chlore
C.F., Powr Mastrs
Yoshihiro Tatsumi, l’Enfer
Fabienne Swiatly, Boire
Pierre la Police & Julien Carreyn, Les demoiselles de Vienne
Andres Ramirez
Sammy Stein, Claquettes & dancemusic
Harukawa Namio, Callipyge
Art Spiegelman, Breakdowns
Winshluss, Pinocchio
+
Mention spéciale : Sumimasen d’Isabelle Boinot, à paraitre en 2009.









Deux nouveaux livres de Frédéric Fleury édités par Kaugummi : Capable du Pire (réédition d’un livre auto-publié) et L’Elégance, qui reprend une série de dessins récents. De l’un à l’autre, se joue un passage à l’ascèse, au retrait des éléments décoratifs pour aller vers l’essentiel du trait et du mouvement des corps. A y regarder de près, les personnages de Fleury ne sont ni des caricatures, ni des sketches. Ils sont une évolution un peu mutante (presque envie d’écrire : malade, mais ce n’est pas exactement ça) des cartoons les plus familiers. Il y a là comme une réécriture de Mickey et j’imagine bien Walt Disney s’essayant dans ses moments les plus fous à de tels dessins pour tout de suite se censurer lui-même. Il faudrait voir tout cela en dessins animés, imaginer l’univers de Fleury à la télévision. Nos enfants le mériteraient, non ?
http://editionskaugummi.free.fr/
























Commentaires récents