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Recueil (augmenté) de fanzines publiées il y a quelques années, Poésie est édité par l’excellente maison La Cinquième Couche. Ici, pas de narration, mais un travail sur la représentation du réel. Ou plutôt les prémices, chronologiques, du travail récent de Frédéric Poincelet qui s’attache à ancrer son dessin dans une réalité de plus en plus concrète, mais aussi très étrangement détachée du réel, puisque ses dessins ne reproduisent souvent que des bribes de contexte ou de lieu - des indices épars plutôt qu’une accumulation de détails. Je n’irai pas plus loin, puisqu’en ayant appris à le connaître, je ne saurais en dire plus. Il suffit de regarder les dessins de Poésie, qui forment à eux seuls, de manière presque inconsciente, une sorte de méta narration, construite par accumulation d’images finissant par former une impression d’histoire flottante.

Isabelle Boinot était au Japon récemment et elle a mis ses carnets sur son blog (Merci à DQ pour l’info parue sur son blog : http://delphinequeme.blogspot.com/). On peut les regarder là : http://sumimasendoozo.blogspot.com/

http://fredericmagazine.free.fr/20042008.htm

BLEU HOLOCAUSTE
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une exposition de dessins de
HENDRIK HEGRAY
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du 12 au 27 avril 2008
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à FRANCE FICTION
6bis rue du Forez 75003 Paris
www.france-fiction.com
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vernissage vendredi 11 avril 18h-21h
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Depuis une année ou deux, je guette les livres et documents qui viennent de Providence, aux Etats-Unis. Notamment tout ce qui concerne un mystérieux dessinateur, connu sous les initiales C.F. et dont voici, ci-dessus, un dessin atypique, empli de couleurs psychédéliques. Il enregistre aussi des disques plutôt noise sous le nom de Kites et ses concerts sont, paraît-il, extrêmement physiques.

Récemment, après avoir sorti plusieurs fanzines, pas mal de sérigraphies, publié des dessins ou des historiettes dans diverses revues, C.F. a sorti son premier vrai livre de bande dessinée : Powr Masters, publié par la maison d’éditions Picturebox. Celle-ci avait sorti il y a un an déjà, un beau catalogue regroupant la plupart des artistes de Providence. Intitulé Wundergound, en voici la couverture :

Ce catalogue s’intéresse aux scènes artistiques de Providence, depuis 1995. Il inclut une multitude d’affiches de concert, de documents rares, de photos de groupes, de dessins. J’ignore pourquoi, mais l’ensemble des affiches mises bout à bout me procure un sentiment d’énergie et d’urgence rarement ressentis. Plus encore que les livres récents qui retraçaient l’histoire du punk à travers ses affiches et flyers, ce livre montre une histoire récente et toujours en cours. Pas de taxidermie, pas d’effet de nostalgie, ni de mausolée virtuel : tout semble encore très vivant - et cela même si je ne connais pas la plupart des groupes et des dessinateurs répertoriés. C’est peut-être ça, d’ailleurs, qui procure cette étrange dynamique : ne pas connaître les noms que l’on lit, c’est déjà se familiariser un peu avec eux et imaginer ce qu’ils recouvrent.

Plus récemment, je me suis plongé dans le premier livre de C.F. qui est une impeccable narration tourmentée, en noir et blanc, souverainement minimaliste (le blanc y est omniprésent qui disqualifie les décors), mais aussi très complexe (les personnages, notamment, sont éminemment sophistiqués, détaillés). Il y a là un esprit surréaliste et ludique, comme un jeu de Dongeons et Dragons détourné de ses racines pour devenir subrepticement punk. Plusieurs volumes sont prévus, mais aucune traduction en VF pour le moment. Dommage, car on se dit que sans les pionniers français de l’Association, ce livre n’aurait peut-être pas la même signification, ni le même lectorat.

Parmi les autres livres issus de cette petite scène, il y a ceux de Brian Chippendale, batteur du duo Lightning Bolt : Ninja et Maggots.

Il y aussi l’anthologie Free Radicals, qui demeure exemplaire d’une liberté de dessiner, d’amalgamer et de mettre côte à côte des dessinateurs sans retenue. Et parfois un peu stupides aussi…

En France, toute cette scène correspond avec les dessinateurs tournant autour de Frédéric Magazine ou Nazi Knife. Mais c’est une autre histoire. En attendant, tous les livres dont j’ai parlé ci-dessus sont trouvables au Regard Moderne à Paris (rue Gît-Le-Coeur) ou sur www.pictureboxinc.com/

Difficile de ne pas succomber au charme de ce petit livre, acheté hier (chez Bimbo tower à Paris, qui venait d’être livré). Difficile, déjà, parce que j’apprécie le travail de Frédéric Fleury, l’un des deux auteurs. Difficile, surtout, parce que les livres à plusieurs, où les auteurs se mélangent, m’interpellent par ce qu’ils disent à la fois de l’absence de l’ego, de la refonte des personnalités et de l’apparition d’une entité inédite, composée par l’addition des auteurs, et qui est, toujours, un peu plus qu’une simple accumulation ou une juxtaposition. Ici, ce qui se joue, c’est l’idée du dessin à plusieurs, comme le pratiquent déjà tous les dessinateurs qui gravitent autour des éditions fais le toi même si t’es pas content (FLTMSTPC), comme Hendrik Hegray, Jonas Delaborde, Kerozen, Shoboshobo. Fleury n’est pas très loin de cet univers, puisque, tout comme ces derniers, il fait partie, et est même un des fondateurs/instigateurs, de Frédéric Magazine (site et série de livres de dessins).

Ink in link séduit par une sorte de complexité naïve : les dessins semblent ici sortir d’une mise en commun de cauchemars, de fantasmagories hallucinées. Les corps, les figures, les objets : tout cela dégoûline, se dévoile difforme et hors de toute nature connue. Il y a ici, étonnamment, quelque chose qui évoque les travaux de Shoboshobo et Jonas Delaborde. Des échos, des renvois, des citations : il existe en France, désormais, une vraie petite scène de dessinateurs dont l’activisme, l’énergie, la rage même, font songer à un ensemble de groupes de rock en plein bouillonnement. Aujourd’hui, pour être un vrai punk, il faut dessiner.

Photos prises pendant une performance à la galerie éof (Paris) durant une soirée organisée par les Inrockuptibles dans trois lieux parisiens sous le beau titre de “Parcours vite et reviens tard“. Les dessins d’Hendrik Hegray, Kerozen, Jonas Delaborde, Mehdi Hedberg (Shoboshobo) étaient bêtement renversants. Dans un autre lieu, il y avait, plus sage, l’anglais Ryca, dont les toiles, très influencées par un autre anglais, Banksy, sont à découvrir par ici :www.ryca.net