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Les trois nouveaux maxis de Shackleton sont assez splendides, chacun dans une direction. Celui sorti sur Scape, le label de Pole, prend un peu de temps à s’installer dans les oreilles. Mais il trouve vite sa place, tout comme le Skull disco 10, sombre, presque indus, qui évoque à la fois Nurse With Wound, Zoviet France et Muslimgauze. Assez étonnant et noir, presque cinématographique. Celui du label Mordant est plus léger, ou en tout virevolte davantage. On a hâte d’en apprendre plus sur un éventuel album de Shackleton, le musicien le plus soniquement intéressant en ce moment, et que l’on pensait prévu avant la fin de l’année.










Tant qu’il est encore en ligne, il faut écouter ce mix, fait par DST et offert par l’excellent label Skull Disco. Une heure de palpitations engourdissantes.
http://www.skulldisco.com/freedownloads/SKULLDISCO.COM_DST-MIX_NOV2007_64K.mp3

L’an dernier, le label Skull Disco avait sorti quelques pépites aux frontières du dubstep, compilées sur un double CD, toujours d’actualité. Dans le lot, il y avait un incroyable maxi remixé par Ricardo Villalobos, Blood On My Hands, qui transformait lemorceau original (signé Shackleton) en une longue odyssée très apocalyptique, avec un sample vocal étonnant qui disait l’abrutissement de quelqu’un regardant des tours s’effondrer - celles de Babel ou celles des Twin Towers, on ne sait plus vraiment.
L e nouveau maxi du label est une autre collaboration, entre Shackleton, Vengeance Tenfold (inconnu par ici) et le producteur allemand T++ (qui remixe une face). Son titre, Death is not final, renvoie lui aussi à une vision dantesque, ou plutô, proche de Jérôme Bosch, de ses tableaux chargés de ciel et d’enfer, de créatures grouillantes dans tous les sens. Et la pochette, déjà, témoigne de cela : un croisement entre Bosch et Gary Panter, entre les fantasmagories de la Renaissance et les dessins punk. Drôle de programme, qui est magnifié par le disque. Deux morceaux aux aspérités orientales et lentes, emplies de basses démesurées, de rythmes aux limites de la danse, d’échos sombres, qui se répercutent d’abord au plus creux du ventre, là où il fait faim et peur en même temps. Que dire de ce disque ? Il pourrait passer inaperçu, il parait qu’il est déjà épuisé. Il possède en tout cas une volupté effrayante, une dynamique propre, qui me fait le remettre inlassablement sur la platine et attendre avec anxiété ce moment où apparait le sample vocal qui dit : “death is not final” - non, la mort n’est pas tout, mais on va quand même s’habiller en noir pour sortir ce soir.




