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Je ne sais quoi écrire sur ce disque tant il est d’une simplicité désarmante. Demons est un duo américain, issu du groupe noise Wolf Eyes. Mais ici, tout est fait à partir de synthétiseurs analogiques, comme au vieux temps du krautrock, lorsque Tangerine Dream remplissait des cathédrales avec sa musique planante. Demons, eux, ne remplissent sans doute que des rades perdus, où se trainent des garçons et des filles qui aiment bien entendre une musique un peu différente de celles qu’on leur impose un peu tout le temps, partout. Des garçons et des filles que j’imagine buvant des bières tiédies en somnolant devant les machines qui ronronnent fiévreusement. Peut-être est-ce là une description juste de Demons et de ce disque ? Un ronronnement fiévreux, inquiet et pulsé, envahissant plutôt que dérangeant. Invisible Darkness fait un peu peur, mais pas trop, n’est jamas vraiment noise, mais plutôt très délétère. Son premier morceau sonne presque comme un pastiche de Basic Channel composé par des enfants qui auraient oublié d’activer les effets et les filtres. Ce disqueme fait penser aussi à une vision du futur issue des années 70, entre un film de Jean Rollin (La Nuit des Traquées avec Brigitte Lahaie) et des dessins de Moebius et Druillet. Tout ce que j’aime ?
Merci à HH.

On y trouve des disques totalement déments rangés dans des podcasts thématiques. J’adore la série intitulée Hidden Homemade Folk : on y entend des disques retrouvés de folk faits à la maison, souvent édités par les auteurs eux-mêmes ou sur les labels de leur pote du coin. Les musiciens sont des amateurs souvent doués ou, au moins, un brin tarés comme ceux de la photo ci-dessus : Chuck & Mary Perrin - vraiment fabuleux, notamment sur le morceau Violets of Dawn. Il y aussi la série Hermit Xtian Sound, qui retrouve des albums tarés de familles chrétiennes qui jouent de la musique comme s’ils allaient à la messe sous acide : je recommande le premier de la série, l’album proto folk-rock anémié des inconnus Rebirth qui commence par un morceau qui doit s’appeller Young Girls, magistral. Ne pas rater le troisième morceau et son explosion pop… Et ne pas oublier non plus une autre série, plus tarée encore : Concrete Congo Audio Zine…Tout cela est fourni avec les craquements des vinyles et, parfois, avec les commentaires des patrons du blog : John et Tovah Olson, qui postent tout cela depuis le Michigan (ils habitent à Ypsilanti, si ça existe), jouent de la musique sous le nom de Dead Machines et sont connectés avec le groupe post-indus noise Wolf Eyes : John a joué avec eux et sorti certains de leurs disques sur son label American Tapes.
http://inzane.podomatic.com/
